68% des MRE satisfaits de l’apprentissage de la langue arabe

L’enquête a été effectuée en France, en Belgique et en Allemagne auprès d’un échantillon représentatif de 1 272 enquêtés. Une grande majorité de MRE considère que l’arabe a contribué au renforcement de leur culture d’origine et qu’il doit être enseigné à leurs enfants, Le niveau de maîtrise de l’arabe classique varie de moyen à faible, en dépit de plusieurs années d’apprentissage.

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a organisé, le 16 juin à Rabat, une rencontre sur le thème : «Enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine aux enfants des Marocains Résidant à l’Etranger». Cette rencontre a été consacrée à la présentation des résultats de l’étude d’évaluation de l’impact de «l’enseignement de la langue arabe et de la culture d’origine (ELCO)» sur la maîtrise de la langue et sur la culture de la communauté d’origine marocaine à l’étranger. Cette étude concerne la France, la Belgique et l’Allemagne. Elle vise à apprécier l’effet de l’ELCO sur la maîtrise de la langue arabe chez les jeunes, la préservation de leur identité nationale et leur culture, ainsi que le renforcement de leur attachement au pays d’origine. L’enquête a été effectuée durant le mois de février 2016 auprès d’un échantillon représentatif de 1272 enquêtés, âgés de 18 à 45 ans et dont 72% ont moins de 30 ans. 64% des enquêtés sont des hommes, 36% des femmes et 86% de l’effectif est né dans le pays de résidence. En outre, 54% ont un diplôme qui ne dépasse pas le baccalauréat ou équivalent et la moitié est employée à temps plein.

Les enseignants donnent satisfaction mais le contenu est à améliorer

L’étude s’articule autour de plusieurs variables, à savoir la motivation pour apprendre l’arabe ; la satisfaction par rapport à cet enseignement ; son utilité dans le pays de résidence ; l’attachement au pays d’origine ; ainsi que le transfert pour les générations futures.

Concernant la motivation, il ressort de l’étude que la langue arabe est acquise dès l’enfance comme langue maternelle (darija) et très tôt pour l’arabe classique (70% commencent à l’apprendre à l’âge de 6 à 8 ans). Les raisons de cet apprentissage relèvent essentiellement de l’intérêt (familial, socioéconomique, etc.) pour l’individu (91%), de l’importance d’une culture religieuse (84%) et d’une culture marocaine (65%).

Par ailleurs, les enquêtés démontrent un niveau de satisfaction de 68% par rapport à l’apprentissage de la langue arabe en général. Les équipements de l’école sont jugés, pour une large part, peu satisfaisants (41,5%) ou pas du tout satisfaisants (32,3%) et seuls 26% en sont satisfaits. De même qu’une grande majorité n’est pas satisfaite des contenus enseignés et voudrait des changements aux cours de l’ELCO (80,1%). En revanche, 72,8% semblent être satisfaits des enseignants. La maîtrise de l’arabe classique est faible (52%) ou moyenne (38%). Par contre, la darija est la langue de communication utilisée dans la sphère familiale et au sein de la communauté maghrébine.

S’agissant de l’utilité de l’enseignement dans le pays de résidence, 52% estiment que la langue ne contribue pas à leur intégration scolaire.

Au niveau de l’attachement au pays d’origine, 48% connaissent parfaitement le passé de leur pays et leurs origines, tandis que 50% les connaissent peu et 83% rapportent un niveau élevé ou moyen de connaissance sur les traditions marocaines. De plus, 75% regardent les chaînes de télévision marocaines et 61% se rendent au Maroc au moins une fois par an. La langue la plus utilisée durant les séjours au Maroc est la darija à 87%. Pour ce qui est du transfert d’argent au pays, seul le tiers le fait de manière régulière ou occasionnelle et seulement 7% ont investi dans le pays, en particulier dans l’immobilier. Quant à l’intention d’un retour définitif au Maroc, elle est exprimée par le quart des enquêtés.

Nécessité d’une optimisation des ressources humaines et financières

En outre, une majorité écrasante déclare que la langue arabe a contribué au renforcement de leur culture d’origine (85%) et qu’elle doit, par conséquent, être enseignée à leurs enfants (96%). In fine, bien que le programme de l’ELCO ait réussi à atteindre les objectifs assignés de préservation de l’identité culturelle et d’attachement au pays d’origine, le niveau de maîtrise de l’arabe classique varie de moyen à faible, et ce, en dépit de la motivation des apprenants et plusieurs années d’apprentissage. De ce fait, l’étude conclut à la nécessité de procéder à une réorientation de cet enseignement, ainsi qu’à une optimisation des ressources humaines et financières qui lui sont attribuées.

Le ministre de l’éducation nationale, Mohamed Hassad, estime, quant à lui, que «le nombre d’enseignants, qui s’élève aujourd’hui à 500, n’est pas suffisant. C’est pourquoi il convient de développer l’enseignement à distance, notamment par voie électronique». La rencontre a également été marquée par la signature du cadre référentiel de l’ELCO et dont l’élaboration s’est étalée sur une dizaine d’années.