67% des détenteurs de GSM recourent au SMS pour communiquer

L’ANRT vient d’achever son enquête sur le comportement des Marocains face aux TIC.
68 % des Marocains possèdent plusieurs téléphones portables et 7% des ménages sont connectés à internet.

L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) vient de finaliser sa troisième enquête sur le comportement des ménages et entreprises en matière de technologies de l’information. Ce travail, qui est un outil de connaissance de l’avancement du Maroc en la matière, renseigne sur le niveau d’équipement des Marocains en téléphonie fixe et mobile mais aussi en ordinateurs et internet…
Premier constat : le recul du fixe.

Le document, qui ne prend pourtant pas en compte l’arrivée du troisième opérateur Wana, puisque ses chiffres sont arrêtés à fin 2006, établit que le taux de pénétration du fixe dans les foyers est de 18,1%, alors que le mobile y est présent dans une proportion de 59,1%. Il est noté une progression assez sensible du suréquipement en mobiles des foyers : 68% des personnes disposent de plusieurs mobiles, contre 53,3% en 2004 et 61,2% en 2005. Bien évidemment, ces chiffres sont à prendre avec circonspection dans la mesure où beaucoup de puces en circulation ne génèrent pas de communications car elles ne sont plus utilisées ou ont tout simplement été perdues ou jetées. Les opérateurs, pourtant, ne désactivent pas les lignes non utilisées ce qui, au passage, permet aussi de gonfler les chiffres.

Et à propos de chiffres, l’enquête révèle que les SMS sont le moyen de communication le plus utilisé par les Marocains puisqu’ils sont 67% à en user parmi les détenteurs de téléphones mobiles. Si les citadins gardent le quasi-monopole de l’utilisation des MMS, les ruraux constituent 20% des utilisateurs de SMS.

Autre sujet, nouveau cette fois-ci, abordé par l’enquête : l’intention des clients de changer ou non d’opérateur. La pertinence d’une telle question s’explique par la possibilité désormais offerte aux clients de changer d’opérateur tout en gardant leur numéro d’origine, appelée portabilité.

Curieusement, le désir de changer est relativement peu important, selon l’enquête, car les clients sont satisfaits des prestations de leur opérateur, ne serait-ce que pour des raisons de commodité. Parmi les motifs invoqués par ceux qui veulent basculer chez le concurrent, il y a, dans l’ordre : le prix des communications, les problèmes de couverture et la possibilité de bénéficier d’offres promotionnelles. A titre d’indication, 13,5% des clients ont changé d’opérateur en 2006. En résumé, selon l’enquête de l’ANRT, l’entrée en vigueur de la portabilité ne devrait pas changer vraiment la donne.

C’est ainsi que, sur la population enquêtée, pour les 12 prochains mois, 31% déclarent vouloir changer d’opérateur contre 53% qui veulent rester chez leur prestataire de services actuel tandis que 13% ne savent pas et 3% ne donnent pas de réponse.

S’agissant de l’ordinateur, et comme on pouvait s’y attendre, le milieu rural est toujours à la traîne puisque seuls 1,8% des foyers en sont équipés, alors qu’en zones urbaines, le taux grimpe à 24%. Toujours en milieu citadin, la présence d’un enfant dans un foyer semble influer sur le choix de cet équipement puisque la majorité des foyers disposant d’un ordinateur comptent la présence d’un ou plusieurs enfants. On ne manquera cependant pas de relever que le prix élevé et/ou le manque de moyens comptent encore pour 55% dans les raisons du non-équipement en ordinateur, alors que l’analphabétisme est invoqué par 17% des interrogés.

Qui dit ordinateur, dit également internet. Et l’étude révèle que 7% des ménages disposent d’un accès internet à domicile. On est passé d’une estimation de 240 000 lignes en 2005 à 390 000 lignes en 2006 dont 89% en ADSL. Toutefois, l’usage de l’internet reste lié à la ligne fixe. En effet, alors que la technologie le permet, peu de personnes (moins de 1%) recourent à la navigation ou encore à la consultation de leur messagerie électronique sur leur téléphone portable.

La même proportion utilise les services vocaux payants (météo, actualités…). L’équipement des entreprises, lui, connaît une légère progression, passant de 0,40 en 2005 à 0,48 ordinateur par employé. Par contre, l’enquête de l’agence fait ressortir que, si l’investissement en TI a légèrement augmenté, l’effort en formation n’a pas suivi.

Enfin, entre autres résultats de l’enquête, des indications sont données sur l’évolution du commerce en ligne. Ainsi, s’agissant des entreprises, seules 12% d’entre elles déclarent avoir recours à des achats en ligne contre 9% en 2005. Sur ce registre, il y a encore des gisements pour les opérateurs.