62% des bidonvilles recensés à  Casablanca traités à  ce jour

Des opérations de relogement sont en cours de réalisation pour 27% des ménages restants.
11% des familles restent à  programmer. 14 milliards de DH mobilisés depuis 2006.

Avec trois vagues de résorption de bidonvilles lancées à Casablanca entre 2006 et 2014, il peut paraître difficile de faire le point sur ce programme au niveau de la capitale économique. Des chiffres obtenus auprès de la délégation de l’Habitat permettent néanmoins de se faire une idée sur le tableau global. Ainsi, depuis son démarrage en 2006, le traitement des bidonvilles à Casablanca a concerné jusqu’à présent près de 108000 ménages, ce qui représente 32% des ménages habitant les bidonvilles au niveau national.

Sur le volume total des ménages pris en charge, le transfert de près de 51280 familles vers des lots de terrain ou des appartements a déjà été effectué jusqu’à présent. S’ajoute à cela 15 900 ménages dont les unités de recasement ont été achevées et dont le processus de transfert est en cours. Cela revient à dire que 62% des ménages bidonvillois à traiter à Casablanca ont déjà été transférés vers un habitat salubre ou sont en voie de l’être. Cela laisse d’une part 27% de ménages (plus de 29130 familles) dont les opérations de relogement sont en cours de réalisation. Et, d’autre part, un dernier lot de près de 12 000 ménages (11% du total) qui est en cours de programmation.     
Comme cité précédemment, ces réalisations sont le fruit de trois vagues de résorption à Casablanca. Une première initiative lancée en 2006 a concerné 60 750 ménages. Sur ce total, 48 000 ménages bidonvillois ont été gérés dont la plupart logeaient dans les grands noyaux de bidonvilles emblématiques de Casablanca dont Sekouila, Zaraba, Bachkou… Mais cela a laissé 7 008 ménages occupant le site de la ville nouvelle de Zenata et 5 743 ménages constituant Douar Rhamna à Sidi Moumen.

Pour prendre en charge ce reliquat mais aussi pour traiter les cas de nouveaux bidonvilles apparus après l’effort de résorption de 2006, une deuxième vague baptisée programme régional a été lancée en avril 2011 pour gérer les cas de 45 920 ménages. Sur ce total 41 306 ménages ont été absorbés par des opérations de recasement et de relogement. Mais cela laisse un total de 4 614 ménages qui n’ont pas été pris en charge, ce à quoi est venu s’ajouter un reliquat de bidonvilles au niveau des Carrières centrales regroupant 900 ménages ainsi que 550 ménages en zone inondable au niveau de douars de Moulay Rachid. Tout cela totalise un déficit pour le programme régional de 6 064 ménages, ce à quoi s’ajoute le passif du tout premier programme ainsi que les nouveaux bidonvilles apparus entretemps. Et c’est pour traiter le tout que les pouvoirs publics ont lancé en avril dernier un programme complémentaire devant couvrir près de 12 000 ménages.   

Les équipements publics ne suivent pas

Naturellement, toutes ces actions ont mobilisé d’importants fonds. La première vague de résorption a ainsi coûté 6,7 milliards de DH. Vient ensuite une enveloppe de 4,8 milliards de DH investie dans le programme de 2011. Et ce sont encore 2,4 milliards de DH qui ont été investis dans le programme complémentaire d’avril dernier. Hormis le financement des lotissements de recasement et des habitations de relogement, ces fonds couvrent la réalisation d’équipements publics totalisant près de 340 infrastructures depuis 2006. En dépit de la programmation de leur financement, ces derniers posent bien des problèmes aux opérateurs en charge de les réaliser (principalement Al Omrane, Idmaj Sakane, Agence Urbaine de Casablanca et Dyar Al Mansour). Les équipements sont en effet financés par le budget général de l’Etat à travers le Fonds de remploi domanial au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Mais ce fonds n’octroie pas d’avance pour le financement des constructions, il libère en totalité le montant de la construction de l’équipement concerné après attestation de conformité, ce qui oblige les opérateurs à préfinancer en totalité la construction des équipements publics de leur programme. Ceci peut expliquer le retard pris dans la réalisation de ces infrastructures. Si l’on ne retient que le programme régional datant de 2011, sur 783 MDH d’équipements à réaliser, seuls 284 MDH ont été engagés jusqu’à présent par Al Omrane et Idmaj Sakane, l’Agence urbaine de Casablanca et Dyar Al Mansour n’ayant pour l’instant réalisé aucun équipement parmi la quarantaine dont ils ont la charge.