60% des logements en construction sont concentrés à  Casablanca

154 700 unités ont déjà été mises en chantier en 2003, 140 910 le seront en 2004.
Les réalisations en cours permettront d’atteindre l’objectif des 100 000 logements par an.
Même à ce rythme accéléré, la demande ne sera pas totalement satisfaite.

En2003, 154 671 unités (logements et lots) ont été mises en chantier, dont 103 510 unités par des promoteurs privés et 51 161 unités par les organismes publics.
Les projections 2004 des opérateurs publics tablent sur une accélération de la production, avec la mise en chantier de 140 910 unités, dont 87 % de lots et 13 % de logements. Ce nombre d’unités mises en chantier sera réduit à 95 160 si les lots de restructuration de l’habitat insalubre sont exclus.
Pour les promoteurs privés, il est difficile d’établir des projections. Toutefois, leur activité peut être appréhendée à travers les conventions relatives au programme des 200 000 logements. En 2003, 11 conventions ont été signées avec le privé. Pour 2004, 2 conventions viennent d’être signées et 10 autres projets de convention sont en cours de validation pour la réalisation de 25 000 logements.
Il serait intéressant de détailler la consistance des mises en chantier de 2003, qui nécessitent en moyenne trois années de réalisation. Ainsi, sur les 154 671 logements et lots prévus, 39 % ont intéressé le Grand Casablanca. Tanger-Tétouan vient en deuxième position avec seulement 10 %. Suivent la Chaouia-Ourdigha, 7%, le Gharb-Chrarda-Bnihssen, 6 % et Rabat 5,5 %. Le reste est partagé entre cinq autres régions.
Concernant plus particulièrement les logements, sur les 101 153 unités lancées, 60% sont localisés dans le Grand Casablanca et 11 % à Tanger-Tétouan, 7 % à Rabat-Salé-Zemmour et le reste réparti sur dix autres régions.
La production des lots connaît, quant à elle, une répartition beaucoup plus harmonisée à travers les différentes régions. Ainsi, sur les 53 518 unités mises en chantier en 2003, 17 % sont situés dans le Gharb-Chrarda-Bnihssen, 13 % à Oued Dahab-Lagouira et 10 % à la fois à Laayoune-Boujdour et à Sous-Massa-Draa.

Le lot plus attrayant que le logement
Par ailleurs, les organismes publics sont davantage intéressés par la livraison de lots que de logements, contrairement aux promoteurs privés. En effet, le secteur privé réalise la majorité des mises en chantier de logements, soit 89 420 unités ou 88 % du total logements. En revanche, le secteur public réalise la majorité des projets de lotissement, soit 39 434 lots ou 74 % du total des lots.
Selon des responsables du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, le coût de revient du relogement d’un ménage est plus intéressant par le biais d’un lot que d’un logement. Le coût du lot est estimé à 50 000 DH, alors que le coût d’un logement varie entre 120 000 et 200 000 DH.
Partenariat public-privé : 175 offres lancées en 2003
Enfin, les délais de réalisation des lots sont beaucoup plus courts que ceux de la construction. Face à l’urgence de la résorption de l’habitat insalubre, les responsables du ministère semblent également privilégier les lots aux logements, du moins dans les régions où le problème de la rareté des terrains publics ne se pose pas.
Par ailleurs, dans le cadre de la nouvelle formule de partenariat public-privé, plusieurs projets ont été lancés en 2003. En premier lieu, il y a deux projets chapeautés par Al Omrane. Il s’agit de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) du projet Ennakhil, à Nouacer, adjugé à Chaâbi Liliskane, pour le relogement de 909 ménages et de celui d’Omar Ibn Khattab, à Al Idrissia, adjugé au groupement «Al Hana -Ghita3», pour le relogement de 200 ménages.
D’autres AMI sont en cours d’adjudication. Il s’agit de celui de la SNEC (Société nationale d’équipement et de construction), à Hay Mohammedi (Agadir), qui porte sur 30 parcelles dont 15 à R+5 et 15 à R+3, pour des prix au mètre carré variant entre 490 et 590 DH. L’ouverture des plis est prévue pour ce vendredi 18 juin. Enfin, sur la réalisation de 2 750 logements à D’har Mehrez, à Fès, 2 110 seront à la charge du secteur privé. La première tranche portant sur 309 logements a déjà été lancée dans le cadre d’un AMI dont l’ouverture des plis est programmée le 24 juin prochain.
Enfin, dans le cadre de la formule de partenariat organismes publics-privé, avec prise de possession de terrain et paiement dans quatre ans, 175 offres ont été lancées en 2003, portant sur une superficie de 174 800 m2 pour 5 896 logements. Cette opération s’est soldée par la finalisation de conventions relatives à 65 lots représentant 1 872 logements. Les projections 2004 tablent, dans le cadre de ce type de partenariat, sur le lancement d’appels d’offre portant sur 449 lots pour 6 613 logements.
A travers cet exposé des réalisations, il apparaît que les objectifs de 100 000 unités comprenant à la fois les logements et les lots de terrains équipés sont réalisables. Mais, peut-être que les besoins sont encore plus importants

Réalisation de villes-satellites
Lenouveau holding Al Omrane prépare le lancement d’une ville nouvelle, Nour Zaïr, dans la région de Rabat. Celle-ci sera édifiée sur une superficie de 702 hectares, comprendra 42 500 logements et abritera une population de 234 000 habitants. Cette ville nouvelle, qui sera réalisée en trois tranches, coûtera pour les seuls équipements primaires, près d’un milliard de DH. Le montage financier n’est pas encore arrêté.
La deuxième ville-satellite sera située à Harbil, dans la périphérie de Marrakech, sur une superficie de 1 180 hectares, comprenant 34 300 logements, 1 000 unités d’activités et 500 équipements. L’investissement global est estimé à 10 milliards de DH. Une première tranche portant sur une superficie de 506 ha pour un coût global de 4,4 milliards de DH, sera lancée en décembre 2004. Sa durée de réalisation est de quatre ans.
Enfin, la CDG (Caisse de Dépôt et de Gestion) étudie la possibilité de création d’une ville nouvelle à Aïn Harouda pour la résorption des bidonvilles et la création d’une zone tampon par rapport à Casablanca