450 000 démunis auront une assurance maladie à  partir de mars

Après deux reports, le Ramed entre en vigueur
La région de Tadla-Azilal servira
de site-pilote avant généralisation
Une enveloppe de 18 MDH est allouée au
lancement du test.

Finalement, après deux reports, l’entrée en vigueur expérimentale du Régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis (Ramed) dans la région de Tadla-Azilal a été fixée au mois de mars prochain. Initialement, et après un premier report décidé par le gouvernement Jettou en raison d’un schéma mal ficelé, le lancement régional de cette couverture devait intervenir en octobre 2007, mais, selon des sources proches du dossier, «le report a été demandé par le ministère de l’intérieur dont les services ont besoin d’un délai supplémentaire pour finaliser le recensement des démunis en allant dans les zones les plus éloignées de la région de Tadla-Azilal». Le gouvernement qui n’a, depuis son investiture, tenu qu’une réunion sur ce dossier, a accédé à  la demande du département et reporté de cinq mois la mise en application du Ramed.

Réagissant à  ce report, le milieu syndical s’interroge également sur l’utilité d’une entrée en vigueur progressive de cette couverture. Selon l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), la centrale proche du PJD, «le Ramed est une urgence et une priorité en raison de l’importance des attentes sociales de millions de Marocains». Un argument partagé par l’Union marocaine du travail (UMT) qui pense également que «l’option pour un démarrage progressif de cette couverture médicale pour les populations à  revenus limités est illogique : pourquoi faut-il faire des discriminations entre les Marocains en favorisant les habitants d’une région au détriment de ceux d’une autre région ?». L’UMT est favorable à  une entrée en vigueur généralisée à  tout le Royaume et souligne que la décision prise par le gouvernement constitue une erreur en raison de l’absence de concertation avec les partenaires sociaux comme cela a été le cas lors des discussions sur l’Assurance maladie obligatoire (Amo). Le milieu syndical appelle à  une mise en Å“uvre rapide du Ramed et surtout à  une concertation avec les partenaires sociaux.

Les syndicats appellent à  une mise en Å“uvre rapide et généralisée du Ramed
Pour l’instant aucune réunion n’est prévue à  cet effet, mais des sources proches de la Primature indiquent que les discussions sur le Ramed sont à  l’ordre du jour du prochain round du dialogue social. Les pouvoirs publics, contrairement aux syndicats, pensent que l’expérience pilote qui va être menée dans la région de Tadla est importante car elle va permettre «de parfaire et de corriger si besoin le schéma retenu pour l’assistance médicale des démunis». Un argument contesté par les syndicats qui rappellent qu’une expérience régionale a déjà  eu lieu dans la région du nord, notamment à  Larache, en 2002. «Nous avons donc les résultats de l’entrée en vigueur du régime pour une région test. Pourquoi ne pas avoir utilisé ces conclusions pour corriger ou choisir le schéma définitif du Ramed ?», s’interroge-t-on au niveau de l’UNTM. De son côté, l’UMT estime qu’il aurait fallu suivre la même démarche que pour l’Amo, «c’est-à -dire faire des études de faisabilité et les discuter avec les diverses parties impliquées dans le dossier. Ce qui éviterait la perte de temps actuelle…».

Du côté des pouvoirs publics, on assure qu’il n’y a pas de perte de temps. Au contraire, les travaux et les préparatifs sont en cours pour lancer l’expérience de Tadla-Azilal qui concernera, rappelons-le, 450 000 personnes démunies. Budget, ressources humaines, infrastructures…, autant de points qui ont été finalisés. Ainsi, une enveloppe de 18 millions de dirhams a été allouée à  cette première tranche du Ramed. Par ailleurs, plus de 70 professionnels ont été affectés dans la région pour renforcer les ressources humaines existantes dans les hôpitaux de la région. Tout comme il est prévu de doter Tadla-Azilal de deux centres de dialyse et de réaménager, grâce à  un investissement de 10 millions de dirhams, le centre de formation des carrières de santé.

Les cartes d’immatriculation seront remises en mars prochain aux populations indigentes qui pourront dès lors, sauf autre report (?), accéder gratuitement aux soins dans les différents établissements hospitaliers de la région.