400 plans d’aménagement homologués mais 20% seulement des équipements réalisés

Des plans d’aménagement non réalisés parce que des administrations ne réalisent pas les équipements projetés
437 plans sont en cours d’approbation dont 141 pour des centres ruraux.
L’Etat envisage la création d’agences foncières régionales pour mobiliser rapidement le foncier.

S’il y a une chose qui manque cruellement aux promoteurs immobiliers, c’est le foncier. Pourtant, le ministère de l’habitat négocie quotidiennement avec les départements concernés (intérieur, habous, collectivités locales) pour l’acquisition d’une partie du foncier public. Qu’est-ce qui bloque donc ? Selon Adib Alaoui, directeur de l’urbanisme au ministère de l’habitat et de l’aménagement du territoire, «le Maroc dispose d’un foncier conséquent, mais il n’arrive pas à le valoriser». Actuellement, poursuit-il, l’Etat réglemente l’urbanisme mais ne dispose pas des moyens pour rendre opérationnelle sa réglementation. Pour étayer ses propos, M. Alaoui cite l’exemple d’un plan d’aménagement qui prévoit la réalisation d’une école. «Si l’Etat, à travers le ministère de l’éducation nationale, ne réalise pas l’école faute de moyens, le plan d’aménagement s’en trouve bloqué. Et cela vaut pour tous les autres équipements prévus dans le même plan», explique le directeur de l’urbanisme.

72 plans lancés en 2008
L’exemple est d’ailleurs confirmé par les statistiques du ministère de l’habitat qui montrent que seuls 20% des équipements prévus dans les plans d’aménagement sont réalisés. Signalons à cet effet que la direction de l’urbanisme comptait, au 30 septembre dernier, 437 plans d’aménagement en cours d’approbation et 72 lancés en 2008, dont respectivement 141 et 30 pour les zones rurales. Selon M. Alaoui, l’Etat et les collectivités locales éprouvent des difficultés à réaliser les plans d’aménagement parce qu’ils manquent de mécanismes et de structures capables de réaliser ces plans. «Ceci s’explique notamment par le retard enregistré dans la réalisation des anciens équipements», souligne-t-il.
Pour remédier à ce retard, la direction de l’urbanisme compte beaucoup sur le futur code de l’urbanisme. «Nous travaillons, dans le cadre de ce code, sur l’aménagement concerté pour mettre en relation les différents propriétaires fonciers publics de manière à unir leurs efforts. Ceux-ci doivent pouvoir prendre en charge leurs équipements et partager leurs bénéfices», explique-t-on auprès du ministère de l’habitat.
Actuellement discuté par différents département ministériels, dont l’intérieur, la justice, l’habitat et les finances, le futur code de l’urbanisme prévoit la création d’agences foncières. «Celles-ci s’apparenteront davantage à des opérateurs fonciers qu’à des aménageurs», tient à préciser M. Alaoui. Ces agences auront pour mission de libérer les parcelles en les rachetant au prix du marché afin de les revendre à des promoteurs ou des développeurs pour la réalisation du plan d’aménagement. In fine, comme le rappellent les cadres du ministère de l’habitat, la problématique du logement et de l’immobilier reste intimement liée à l’urbanisme à travers le vecteur foncier. Et ce n’est peut-être pas un hasard si le ministre de l’habitat a nommé à tous les postes clés du ministère d’anciens directeurs d’agences urbaines qui sont les mieux placés pour maîtriser la question.