4 milliards de DH pour éradiquer les bidonvilles de Casablanca

Le programme concerne 82 000 ménages et sera entièrement réalisé d’ici à 2010.
Une société à capitaux mixtes (publics/privés),
chargée de veillerà la réalisation du programme, est en
cours de création.

D’ici à 2010, les 82 000 ménages actuels des 400 bidonvilles de Casablanca et de Mohammédia, soit 400 000 personnes au total, seront réinstallés dans des logements décents. Ce vaste programme nécessite un investissement de 4 milliards de DH, dont 45 % financés par le ministère de l’Habitat. Le reste sera financé par les collectivités et les bénéficiaires. Dans un premier temps, 17 500 ménages bénéficieront de la toute première tranche, d’un coût de un milliard de DH, lancée en juillet 2004. Parmi les bidonvilles ciblés figurent les carrières Thomas (4 000 ménages) et Douar Sekouila (6 000 ménages).

La réinstallation sur site est privilégiée
La deuxième opération, dont l’enveloppe est évaluée à 1,6 milliard de DH, a fait l’objet d’une convention entre le ministère de l’Habitat et la direction des Collectivités locales, signée en septembre 2005. Elle concerne 34 500 ménages et sera réalisée entre 2 006 et 2 009.
La troisième tranche, qui sera réalisée entre 2007 et 2010, permettra de reloger 30 000 ménages. Son coût est de l’ordre de 1,4 milliard de DH.
En gros, ce sont là les chiffres que livre, bien volontiers, Abderrahman Ifrassen, chargé de coordonner le programme de résorption des bidonvilles au niveau de la wilaya de Casablanca.
Quelles sont les méthodes préconisées pour mener à bien ce programme colossal ? De manière générale, la restructuration (construction sur site) est privilégiée. Et pour cause, outre la rareté des réserves foncières, les habitants refusent très souvent le recasement (octroi de lots de terrain), tout comme le relogement. En effet, nombre de tentatives n’ont réussi que partiellement parce que les bénéficiaires refusaient de migrer vers les sites qui leur étaient proposés, les jugeant trop éloignés, de leur lieu de travail notamment.

Les élus invités à s’impliquer beaucoup plus que l’Etat
Ainsi, pour la deuxième opération qui intéresse les 34 500 ménages, la restructuration concernera 60 à 70 % des bidonvilles ciblés.
Bien entendu, et quelle que soit la solution, une cellule d’accompagnement (sur les volets social, technique et financier) sera mise en place pour chaque site. Elle répondra aux besoins de la population concernée en matière de construction, de mise à disposition des plans, de conseil et de montage des financements en micro-crédit, d’assistance dans l’auto-construction… Et quand il s’agit de restructuration, les opérations prioritaires portent aussi bien sur le raccordement à l’eau, à l’électricité, que sur la voirie ou l’amélioration du bâti. Tous les services seront sollicités pour apporter leur concours et, comme l’explique Abderrahman Ifrassen, chacun peut apporter sa contribution, y compris les ONG (organisations non gouvernementales), entre autres pour les aspects sociaux et culturels.
Pour la gestion de ce programme de résorption des bidonvilles, le wali, Mohamed Kabbaj, a pris l’initiative de mettre sur pied une entité dédiée à cette seule mission. Concrètement, une société anonyme, dont le capital sera réparti entre le public et le privé, est en cours de création et sera l’instrument qui veillera à la réalisation et à l’accompagnement du programme de réhabilitation des bidonvilles. Pour l’instant, rien ne filtre sur le mode de gestion de cette entité. Mais l’on sait que tous ceux que le programme intéresse, notamment le ministère de l’Habitat, la wilaya, les élus, l’Agence urbaine et les banques, seront impliqués dans son fonctionnement.

En effet, chaque représentant d’un organisme donné ayant pouvoir de décision dans son domaine sera sollicité pour résoudre les problèmes spécifiques que pourrait rencontrer le programme en cours de route. Par exemple, les projets seront à l’abri de tout retard ou report que pourrait occasionner une dérogation ou une autorisation nécessaire pour sa mise en œuvre.

D’ici 2010, ce sont 400 000 personnes, habitant les 400 bidonvilles de Casa et Mohammédia, qui seront réinstallées dans des logements décents.