3,9% à  fin février, l’inflation à  son plus haut niveau depuis 12 ans

Entre janvier et février 2009, les légumes frais ont augmenté de 18%.
Les produits non alimentaires également en hausse par rapport à  l’année dernière.
Les analystes prévoient une accalmie à  partir du mois de mai.

Ce qui n’était encore qu’un constat à vue se trouve désormais confirmé : les prix des produits alimentaires flambent à en croire les derniers chiffres du Haut commissariat au plan (HCP) sur l’inflation.  Les prix des légumes frais, entre janvier et février 2009, ont augmenté de 18%.
Les fruits frais ne sont pas en reste, ils ont crû de 3,1%. Ne parlons pas des poissons qui, eux, ont augmenté de 5%. Dans ces conditions, même si les produits non alimentaires ont légèrement baissé de 0,1%, l’inflation au terme du mois de févier reste sur le trend haussier observé en 2008 : elle est de 3,8% par rapport à février 2008.
Mais en considérant les deux premiers mois de 2009 par rapport aux deux premiers mois de 2008, l’inflation, selon le HCP, a été de 3,9%. «C’est quand même assez lourd pour les ménages», commente un économiste. D’autant plus lourd que l’alimentaire pèse encore 44% dans le panier de la ménagère marocaine. En décomposant cette inflation par poste de dépense, on constate que les produits alimentaires ont augmenté sur janvier et février 2009, par rapport aux mêmes mois de 2008, de 6,5%. Mais même les produits non alimentaires ont vu leurs indices s’inscrire à la hausse : + 1,7%. Et aucun poste n’a été épargné: des équipements ménagers (+ 2,5%) jusqu’aux transports et communications (2,3%) et à l’habitation (+1,3), en passant par les loisirs et la culture (+ 2,1%), les soins médicaux (+ 0,9%) et les autres biens services (+ 2,8%), tout a évolué à la hausse.

Pas d’accalmie pour avril
La question est de savoir si cette tendance va se poursuivre dans les mois à venir, ou, au contraire, va connaître, à la faveur des bonnes perspectives de la campagne agricole, un répit sinon même un repli !
Pour de nombreux analystes, y compris ceux du HCP, il est difficile d’entrevoir une accalmie pour le mois de mars et même probablement pour le mois d’avril. Toutefois, à partir de ce dernier mois, les pronostics sont plutôt favorables. «Normalement à partir d’avril-mai, les prix, en particulier des fruits et légumes, devraient revenir à des niveaux acceptables», prévoit un économiste qui travaille sur le sujet.
Ce dernier explique son relatif optimisme non seulement par les bonnes prévisions concernant la récolte au Maroc mais aussi par le fait que c’est à partir de cette période-là que les baisses des prix du pétrole et des produits alimentaires sur le marché international commenceront réellement à impacter les prix intérieurs.
On peut ajouter que, globalement, l’inflation dans les principaux pays fournisseurs du Maroc étant très faible (à la limite de la déflation), en raison notamment de la récession qui frappe l’ensemble des économies avancées, les importations devraient en porter la marque. Autant de facteurs qui militent pour une décrue des prix, donc du niveau de l’inflation au Maroc. Certes, la mise en place d’un nouvel indice de calcul de l’inflation (voir encadré) pourrait réserver des surprises, compte tenu du fait que de nombreux produits (plus de 500 contre 380 aujourd’hui) seront désormais appréhendés pour mesurer les variations des prix.
Toujours est-il qu’on est loin des niveaux de la première moitié des années 90 durant laquelle l’inflation moyenne était de 6,2%, avec même un pic de 8% en 1991. Par comparaison, rappelons que depuis 1996 et jusqu’en 2008, le taux moyen de l’inflation n’atteint même pas 2% : 1,9%, plus exactement.
Et tout indique que les évolutions futures ne s’écarteront pas trop d’une fourchette comprise entre 2% et 4%…