3,8 milliards de DH d’investissements butent sur le foncier

Deux projets cimentiers à l’ordre du jour : celui de Holcim portant sur 2,2 milliards, à Settat, et celui de Ciments du Maroc pour 1,6 milliard, à Agadir.
Parcelles situées sur des terres collectives, dérogation à accorder, durée de location… la commission interministérielle est appelée à trancher.

Deux réunions de la commission des investissements sont programmées lundi 14 et mardi 15 février. Elles seront presque exclusivement consacrées aux investissements dans le secteur cimentier. Il y a de quoi : deux gros projets, totalisant 3,8 milliards de DH, seront à l’ordre du jour, celui du groupe Holcim et celui de Ciments du Maroc. Le premier, on le sait depuis 2004, prévoit d’investir près de 2,2 milliards de DH (223 millions d’euros) pour la réalisation d’une nouvelle cimenterie dans la région de Settat. L’unité, dont la mise en service est prévue pour fin 2007, sera implantée, selon des sources bien informées, sur un terrain mitoyen de l’autoroute Casablanca-Marrakech. Elle sera approvisionnée par une carrière située à 25 kilomètres, plus exactement du côté de Sidi Hajjaj, où sera installé le concasseur. Le terminal d’approvisionnement, si tout se passe comme prévu, sera opérationnel en juin 2005. Quant au projet de Ciments du Maroc, il consiste en la construction, à Agadir, d’une nouvelle ligne de cuisson d’une capacité de 3 300 tonnes par jour, la modernisation des usines du groupe déjà implantées dans la ville ainsi que d’autres investissements dans les filiales de béton et de granulats. Enveloppe budgétaire : 1,6 milliard de DH.
Aujourd’hui, les deux projets semblent être bien avancés, hormis des aspects problématiques qui restent à solutionner. D’où la multitude de réunions entre les représentants de l’Administration et des entreprises concernées. En effet, l’industrie cimentière étant en grande partie tributaire des gisements de calcaire, ce sont précisément des questions de foncier qui semblent constituer aujourd’hui la principale source de tracas.

Négociations entre les Domaines, le ministère de l’Intérieur et celui de l’Agriculture
En effet, pour le cas du groupe Holcim, le site identifié à Sidi Hajjaj se trouve être dans une situation pour le moins compliquée. Une partie du terrain est aujourd’hui sous le régime des «terres collectives» et fait l’objet de négociations entre administrations, notamment la direction des Domaines (ministère des Finances) et la direction des Affaires rurales, relevant du ministère de l’Intérieur. Pour une autre parcelle, de 30 hectares, l’attribution nécessite une dérogation du ministère de l’Agriculture. Et, enfin, une troisième partie du terrain, dans la commune de Sidi El Mekki, se trouve être, quant à elle, exploitée actuellement par une coopérative agricole. Tout le travail de la commission consistera donc à apurer toutes ces parcelles avant de les donner en location au groupe Holcim. Et c’est justement sur les conditions de location que portent les principales requêtes de Ciments du Maroc. Ce dernier, pour pérenniser ses investissements lourds, sollicite l’Etat pour le prolongement de la durée des contrats de location, qui atteignent aujourd’hui 40 ans. L’entreprise demande au passage la possibilité d’acquérir un terrain d’une superficie de 10 hectares, mitoyen à son usine de Témara, et qui appartient, lui aussi, à l’Etat. C’est dire qu’il reste encore du travail avant que les deux conventions ne soient signées. Espérons seulement que le foncier ne sera pas, une fois de plus, un frein à l’investissement.

L’industrie cimentière étant tributaire des gisements de calcaire, le foncier semble constituer aujourd’hui la principale source de tracas.