35 MDH pour structurer l’exploitation des plantes aromatiques et médicinales

Le programme cible principalement le pyrèthre, le thym, l’origan et le romarin. Huit coopératives issues de l’Oriental, du Moyen et Haut Atlas et du Rif seront impliquées. Les prix à  l’export vont de 10 à  52 DH le kilo.

Si la mise en valeur des plantes aromatiques et médicinales (PAM) était jusque-là basée sur des projets locaux menés avec le soutien de la coopération technique et financière étrangère, qui ont donné des résultats notables, il manquait encore un projet d’envergure nationale incluant l’ensemble des problématiques du secteur. Depuis 2012, c’est chose faite grâce au projet «PAM» mis en œuvre conjointement par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), et qui vient en appui à la stratégie nationale élaborée en 2009. Doté d’une enveloppe budgétaire de 4,325 millions de dollars, soit près de 35 MDH, le projet PAM fait la part belle à «l’intégration de la biodiversité dans la chaîne de valeurs des PAM méditerranéennes au Maroc», souligne le HCEFLCD. D’ici 2015, il devra permettre le développement de techniques de récolte certifiées et durables à travers des plans de gestion respectueux de la biodiversité, la mise en place de canaux efficaces de communication et l’intégration de tous les acteurs (cueilleurs, distributeurs informels, intermédiaires et transformateurs) dans la chaîne de valeurs.

Un guide des bonnes pratiques pour les collecteurs

Le projet PAM cible principalement le pyrèthre, dont la racine a des vertus médicinales, le thym, l’origan et le romarin. Huit coopératives issues de 4 régions (l’Oriental, le Moyen et le Haut Atlas et le Rif) seront impliquées.
Mettre en place des plans de gestion, à l’image de ce qui s’est déjà fait dans l’Oriental pour l’origan, permettra de lutter contre la collecte anarchique qui se pratique très souvent et menace les plants. Le prix faible imposé par les intermédiaires qui dominent le circuit de vente entrave également l’activité des coopératives dans ce domaine. A l’heure actuelle, «les PAM sont cédées à l’état vert. A titre indicatif, le prix de cession du romarin par le HCEFLCD est de 500 DH la tonne de biomasse verte», indique Driss Baba, chef de la division de l’économie forestière au Haut commissariat. «Les prix moyens à l’export pour les 10 dernières années sont de 10 DH le kilo de feuilles sèches de romarin, 17 DH le kg de feuilles sèches de thym, 25 DH le kg de feuilles sèches d’origan et 52 DH le kg de racines de pyrèthre», poursuit M. Baba.

Le projet PAM prévoit également la sensibilisation des collecteurs grâce à un guide des bonnes pratiques qui sera prochainement distribués. Il s’agit de les accompagner dans la valorisation des produits marocains qui, pour l’instant, font pâle figure face à la concurrence, notamment à cause d’un taux d’impuretés élevé. Même si le thym (thymus saturejoides) est endémique au Maroc, il est concurrencé par d’autres espèces de récolte sauvage et de culture (Pologne, Inde, Espagne, etc.) et par des espèces commercialisées comme «thym commun». Idem pour l’origan, endémique au Maroc et en Espagne, qui se voit concurrencé par la Turquie, la Grèce, l’Italie, l’Egypte, voire le Mexique. Autant dire que le Maroc a du pain sur la planche pour devenir un grand exportateur de PAM.