3 milliards de DH sur 10 ans pour industrialiser l’artisanat

Objectif : créer 300 entreprises industrielles
et 115 000 emplois

Un chiffre d’affaires supplémentaire de 14
milliards de DH est prévu dont la moitié à l’export.

Sortir le secteur de l’artisanat de la sphère sociale pour le mettre sur une trajectoire économique, voilà ce à quoi s’attelle le gouvernement, en y mettant les moyens. En effet, 3 milliards de DH hors-budget seront alloués sur une durée de dix ans à la promotion de ce secteur, avec des objectifs précis à atteindre d’ici 2015 : un chiffre d’affaires additionnel de 14 milliards de DH, dont 7 milliards à l’export, au lieu de 700 millions actuellement. Cet objectif passera, entre autres, par la création de quelque 300 entreprises, dont une quinzaine de gros calibres, et 115 000 emplois supplémentaires. 60 000 personnes bénéficieront d’une formation.

Une étude marketing pour se repositionner sur les principaux marchés
Mais, comme l’explique Abdellatif Maâzouz, directeur de la Maison de l’artisan, l’organisme chargé de la promotion, il ne s’agit pas de promouvoir toutes les filières, tant elles sont nombreuses, mais de cibler des activités compétitives et des marchés porteurs s’appuyant sur des réseaux de distribution efficaces, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. La dernière opération réalisée en France avec les magasins «Le Printemps» en est un exemple. «L’essentiel est d’aller là où il y a du pouvoir d’achat», affirme M. Maâzouz.

Pour ce faire, une étude marketing pointue est en train d’être réalisée par un cabinet international. Ce travail est axé sur les principaux marchés européens : France, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne… Or, ces derniers se trouvent être également les principaux pays émetteurs de touristes, ce qui permet de créer des synergies entre l’ONMT (Office national marocain du tourisme) et la Maison de l’artisan, précise le directeur de cette dernière. L’étude concernera essentiellement la filière décoration, avec toutes ses composantes (fer forgé, artisanat fonctionnel, bougies, bijouterie, tapis…), qui jouit déjà d’un grand capital de sympathie, mais qui a besoin de mieux cerner la demande. L’objectif consiste non seulement à identifier les produits demandés, mais aussi l’offre d’autres pays sur ces marchés, et, surtout, de suivre les tendances de la mode, les emballages et le design. L’expérience avec «Le Printemps», en France, sera d’ailleurs reproduite en Grande-Bretagne, avec une autre enseigne, selon M. Maâzouz.

Par ailleurs un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour faire émerger les leaders capables de produire dans une logique industrielle. Selon M Maâzouz, on compte déjà plus d’une cinquantaine de candidats dont de petits consortiums qui se sont formés à l’occasion. En un mot, il s’agit de créer aussi de l’artisanat rémunérateur et pas seulement de subsistance.