292 000 ha aujourd’hui équipés en système de goutte-à -goutte : 82% de plus qu’il y a 4 ans

A fin 2011, 20% de la superficie totale irriguée du pays étaient équipés en système localisé. Les subventions allouées aux agriculteurs peuvent aller jusqu’à  100% du coût d’un projet. 37 milliards de DH pour la reconversion collective et individuelle des systèmes d’irrigation classiques.

Il y a un avant et un après 2010 pour le Programme national d’économie d’eau en irrigation (PNEEI) 2008-2020, consistant à remplacer le système d’irrigation de surface et par aspersion par un système localisé (goutte-à-goutte) sur 550 000 ha. Sur cette superficie, 220 000 ha sont relatifs à la reconversion collective (projets réalisés à l’initiative du ministère de l’agriculture) et 330 000 ha aux projets individuels, c’est-à-dire portés directement par les agriculteurs et subventionnés par l’Etat. Et pour ce deuxième volet, on est passé d’une moyenne ne dépassant pas 20 000 ha par an, à 50 000 ha à partir de 2010 et le rythme de réalisation devrait bientôt atteindre 70 000 ha par an, une fois que l’exécution du volet collectif sera concrètement entamée (voir encadré).
Déjà, les résultats de ce programme, lancé dans le cadre du Plan Maroc vert sont palpables. A fin 2011, 291 606 ha, soit 20% des 1,4 millions d’ha que compte le pays en superficie irriguée, étaient équipés en systèmes localisés contre 11% en 2007, année précédant le lancement du programme, et 7% en 2002. Cette surface équipée représente un potentiel d’économie en eau de 130 millions de m3 par an, soit l’équivalent d’un grand barrage, indiquent les services du ministère de l’agriculture.
Toutefois, les 16 régions n’évoluent pas au même rythme. Celle de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër a dépassé les objectifs du PNEEI en couvrant 6 700 ha supplémentaires, alors que la barre était fixée à 4 600 ha seulement. Cette région, qui est cependant l’une des moins dotées en superficie irriguée (16 900 ha), totalise aujourd’hui 18 630 ha équipés en goutte-à-goutte. Ce qui veut dire qu’il a y eu même une extension.
Parmi les régions les plus représentatives en matière d’irrigation, le Souss-Massa-Draa est sans doute la plus en avance. Sur un objectif de 31 500 ha, 75% sont déjà pourvus en système localisé. Ce score n’est pas étonnant. En effet, dans une zone où l’eau devient de plus en plus difficile d’accès, les agriculteurs ont rapidement compris qu’il fallait faire vite pour optimiser la consommation. Dans le Gharb, autre grande région d’irrigation, le taux de réalisation est à 22%, Marrakech affiche 20% et le Tadla Azilal 15%.

980 MDH de crédits alloués aux subventions en 2011

Cela peut paraître lent mais sur les huit années qui restent, il est largement possible d’atteindre les objectifs. D’abord, parce que l’Etat y met les moyens : le PNEEI est doté d’un budget de 37 milliards de DH dont 17,4 milliards pour la reconversion collective, 10,1 milliards pour l’individuelle et 9,45 milliards pour les actions d’accompagnement. En 2011, le budget prévisionnel des crédits alloués aux subventions totalisait 980 MDH, soit 42% de plus qu’en 2010. Le taux de réalisation a été de 67%. Les subventions qui sont passées de 70% à 80% de l’investissement peuvent atteindre désormais 100%.
Il y a ensuite un aspect plus pratique dans la gestion des projets. «Nous avons pris un énorme virage, qu’il s’agisse de la définition des projets ou pour ce qui touche la manière de les financer», explique Zakaria El Yacoubi, chef du service de promotion de l’économie d’eau au sein du ministère. Sur le fond, tout a été reconfiguré, à commencer par la mise en place d’une norme marocaine et l’injonction faite aux fournisseurs de la respecter, la généralisation d’un modèle standard pour les études… Pour comprendre ce qui a vraiment changé, on insiste, à la direction de l’économie d’eau, sur le fait que les études étaient bâclées par les fournisseurs, les équipements mal adaptés car ces mêmes fournisseurs, pour faire du volume, ne dimensionnaient pas le matériel à la demande. L’autre remaniement est l’obligation d’installer des compteurs. Bref, l’idée est que chaque projet soit ficelé de manière à ce qu’il coûte moins cher, que les équipements soient optimisés et que les agriculteurs soient convaincus qu’ils peuvent faire des économies allant de 30 à 50% en basculant du système d’irrigation gravitaire au goutte-à-goutte et augmenter les rendements de 10% à 100%.