2,7 millions de touristes en 1996, 6,6 millions en 2006

Le nombre d’arrivées a été multiplié par 2,5, les nuitées sont passées de
10 à  16,3 millions.
Les recettes de voyages ont presque
quadruplé entre 1996 et 2006,
passant de 14,6 à  52,5 milliards
de dirhams.
Les arrivées sont boostées par les
marchés traditionnels : France,
Espagne et Royaume-Uni.

En 2006 le Maroc a accueilli 6,6 millions de touristes ! Pris isolément, ce chiffre peut paraà®tre insuffisant au vu des atouts de la destination et de la politique volontaristemenée de concert par les pouvoirs publics et les professionnels depuis lamise en oeuvre de laVision 2010. Mais, comparé à  la performance de 1996, le score est tout à  fait honorable : le pays a drainé un flux additionnel de 3,9 millions de touristes en dix ans puisqu’ils étaient seulement 2,7 millions à  avoir visité leMaroc en 1996. Ces chiffres consolidés ne peuvent pas être appréciés à  leur juste valeur sans prendre en compte l’évolution politique dans le monde et le fait que le secteur est devenu très sensible aux tensions qui ont cours actuellement, surtout entre le monde occidental – principal pourvoyeur de tourisme, dans le cas duMaroc – et les pays arabes.

L’on apprécie donc mieux le fait que, sur la décennie 1996-2006, le tourisme au Maroc a connu une évolution positive régulière et a relativement bien résisté aux crises qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et ceux du 16 mai 2003 à  Casablanca. Si on prend ces deux repères, en effet, on remarque que la destination a totalisé, en 2001, 4,4 millions d’arrivées et ce malgré les annulations qui ont suivi les attentats de septembre de cette année-là  et qui se traduisent par un dernier trimestre particulièrement mauvais, à  tel point que c’est l’appel aux nationaux qui a permis à  nombre d’établissements hôteliers de ne pas mettre la clé sous le paillasson. L’année suivante n’a pas été finalement aussi mauvaise que cela avait été dit à  l’époque puisque 2002 a, malgré la conjoncture difficile, enregistré un léger progrès par rapport à  2001, avec 4,5 millions d’arrivées. Il faut dire que la stratégie de laVision 2010, et notamment son volet relatif à  la promotion, était déjà  entrée en action avec le ciblage de certains marchés traditionnels porteurs et de grandes campagnes de médiatisation de la destination Maroc.

La promotion et les accords avec les TO ont joué un rôle de taille

Il faut souligner que d’autres facteurs ont permis au Maroc de résister voire d’améliorer son image auprès des marchés émetteurs.C’est le cas, par exemple, de l’organisation, chaque année, depuis 2001, des désormais traditionnelles Assises internationales, de la présence de plus en plus importante aux salons internationaux des professionnelsmarocains, notamment ceux de Marrakech et Agadir, ou encore de la volonté affichée d’ouvrir le ciel marocain. Les engagements qui ont été signés avec lesTO majeurs et les compagnies aériennes européennes, ainsi que la déclinaison d’une politique touristique claire, centrée sur le plan Azur mais offrant aussi d’autres alternatives, ont incontestablement placé le Maroc comme une destination d’avenir aux yeux des pays émetteurs.

Et les résultats ne se sont pas fait attendre puisque, dès 2003, et malgré les attentats du 16 mai à  Casablanca, le rythme de croissance des arrivées a atteint 4,8 millions de touristes, avant de faire un bond, passant à  5,5 millions l’année suivante, puis 5,85 millions en 2005 et, finalement, 6,6 millions en 2006. Entre 2005 et 2006, le rythme d’accroissement des arrivées était de 12%alors que, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la moyenne des destinations comparables du bassin méditerranéen, y compris le Maroc, s’est établie à  3,6%. Sans la performance duMaroc, cette moyenne retombe à  1,6%. Il s’agit là , bien sûr, de taux de croissance qui ne reflètent en rien l’importance, en nombre, des flux de touristes vers les autres destinations.

La progression des arrivées au Maroc concerne en premier lieu le marché espagnol o๠le Maroc connaà®t un réel regain d’intérêt. En effet, sur les cinq dernières années, les arrivées des touristes espagnols ont progressé de 133%, regain que confirment du reste les investissements d’origine espagnole dans le secteur touristique marocain, ce qui augure de la continuité de cette évolution. Le Royaume- Uni et la Belgique, pour leur part, ont évolué, durant la même période de cinq ans, respectivement de 96% et 78%, alors que la France, principal marché émetteur, a progressé de 76%, la Hollande de 50% et, curieuseristique ment, l’Italie de seulement 14%.Mais, selon les spécialistes du secteur, le marché italien est plus sensible que les autres aux événements qui peuvent arriver ici ou là . D’une manière générale, durant les cinq dernières années, les marchés des pays de l’Europe de l’Ouest ont progressé en moyenne de 68%, soit 1,1 million de touristes en plus.

91 000 lits en 1997, 133 000 en 2006

Mais, en matière de tourisme, faire du volume c’est bien, mais encore faut-il savoir quel genre de touristes nous accueillons, combien de jours ils restent et surtout combien ils dépensent. A ce niveau, un premier constat : de 1996 à  2006, le taux d’occupation est resté stable, en moyenne autour de 50% et ce malgré des creux enregistrés en 2002 (42%), en 2003 (39%) et en 2004 (43%). Mais il faut savoir que, durant cette période, le rythme de croissance en lits classés a été multiplié par 4, portant la capacité de 91 000 lits en 1997 à  133 000 en 2006, soit 42 000 lits de plus.

En termes de nuitées, résidents et non-résidents cumulés, les établissements classés sont passés de 10 millions de nuitées en 1996 à  13,5 millions en 2000 pour atteindre 16,3 millions en 2006, avec, toutefois, un repli en 2002 et 2003 avec respectivement 11,3 et 11,2millions de nuitées.Mais, ce qui permet d’apprécier le plus l’évolution qualitative du secteur du tourisme sur la décennie 1996-2006, ce sont bien les recettes voyages. Et là , il n’y a pas lieu de tergiverser : la performance est sans équivoque et se passe de tout commentaire puisque ces recettes sont passées de 14,6 milliards de DH en 1996 à  52,5 milliards de DH en 2006. Il reste à  espérer, et à  prouver, que toutes ces performances relèvent de tendances lourdes et non de simples effets de conjoncture.