27 milliards de DH pour transformer la région Dakhla-Oued Eddahab

Le plan de développement régional 2016-2021 couvre l’agriculture, la pêche et le tourisme, mais également l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Signé en présence de S.M. le Roi en 2015, il est en cours de validation au ministère de l’intérieur. La pêche constitue l’épine dorsale de l’économie de la région avec près de 47% de la production halieutique nationale en volume et 34% en valeur.

Le Conseil régional de Dakhla-Oued Eddahab et l’association Nord-Sud Action ont organisé du 22 au 25 février un voyage de presse à Dakhla au profit de journalistes marocains et étrangers afin de leur faire connaître les opportunités d’investissement et les potentialités économiques de la région axées sur la pêche, le tourisme et l’agriculture. Trois secteurs sur lesquels mise le plan de développement régional (PDR) de Dakhla-Oued Eddahab 2016-2021, doté d’une enveloppe de 26,97 milliards de DH. L’objectif est de faire de la région un pôle de tourisme écologique et de compétitivité halieutique, et un hub logistique, de commerce et d’innovation marine. Grâce à ce plan, la région veut ramener le taux de chômage de 10,1% actuellement (pour une population de 14 3000 habitants) à 6% en 2025. Cela passera par la création de 45 000 postes d’emplois pour une population qui grimpera à 213 000 habitants dans 7 ans, selon les estimations du PDR.

607 000 tonnes de poissons débarqués en 2017

La programmation du PDR compte trois types de projets: le contrat programme doté d’une enveloppe de 12,9 milliards de DH signé par l’Etat et la région, les conventions spécifiques (200 MDH) et une composante complémentaire de 13,87 milliard.

Parmi les chantiers, il y a le nouveau port Dakhla Atlantique qui sera relocalisé en dehors de la ville, la connexion de la région au réseau national d’électricité, la mise en place d’une unité de dessalement de l’eau de mer à des fins agricoles (d’une capacité de 100 000 m3/jour). Le contrat programme prévoit également de développer l’aquaculture, d’améliorer le tourisme rural et naturel et de mettre à niveau les composantes environnementale et culturelle.

Les projets de convention spécifique porteront sur l’appui à l’entreprenariat et la mise en place d’infrastructures d’inclusion sociale.

Les projets complémentaires visent pour leur part à préserver la baie de Dakhla, soutenir les PME, développer les capacités d’hébergement touristique et de tourisme écologique et la mise à niveau régionale. Aujourd’hui, une dizaine de projets touristiques, principalement des hôtels clubs, sont en cours de réalisation au niveau de la baie. L’objectif est de passer d’une capacité de 580 chambres à 1000 chambres en 2020. La demande pour ce type d’hébergement est conséquente. Selon la délégation du tourisme de Dakhla, 117000 nuitées ont été enregistrées à Dakhla dont une proportion importante de touristes attirés par le Kitesurf. Un budget de 560 MDH est réservé au financement des projets touristiques, dont 89 millions alloués par l’Etat.

Dans l’agriculture, les principales activités sont l’élevage et les cultures des primeurs. Plus de 500 ha de terres arides ont été mises en valeur et dotées d’équipements de pointe. La production exportée est estimée à 240 180 tonnes, d’après les derniers chiffres disponibles.

L’économie de la région repose certes sur divers secteurs, mais l’un des plus importants demeure la pêche. Le potentiel halieutique, représentant 65% du potentiel national exploitable (constitué de 80% de poissons pélagiques et de 20% de pêcheries démersales), place le Maroc premier producteur africain et un des leaders mondiaux de la pêche. En 2017, 607 743 tonnes de poisson ont été débarquées à Dakhla, rapportant une recette de 2,27 milliards de DH, soit près de 47% de la production halieutique nationale en volume et 34% en valeur, selon les responsables de la délégation régionale de l’Office national des pêches (ONP). Quant à la flotte de pêche active dans la région, elle est constituée de 3 255 barques, 200 navires de pêche côtière, 25 navires de pêche hauturière et 28 navires opérant dans le cadre des accords de pêche.

Côté transformation, une industrie de conserve de sardines s’est bien développée sur place et de nouvelles unités industrielles sont en cours de réalisation à Dakhla. Une halle aux poissons a été inaugurée en 2016 avec un investissement global de 27 MDH et de nouveaux équipements électroniques ont été installés dans le port de la ville. L’infrastructure de l’office au port de Dakhla est aujourd’hui connectée au système informatique de l’office (Samacna). L’objectif est de veiller au comptage et à la traçabilité des poissons débarqués. Cette traçabilité est aussi exigée par l’Union Européenne pour accéder à ses marchés. Les responsables de l’ONP assurent que la pêche à Dakhla est réglementée. Chaque poisson débarqué dans le port est déclaré à l’office. Grâce à ses ressources et leur exploitation rationnée, l’avenir de la région Dakhla-Oued Eddahab semble tout tracé.