2,5 millions de litres de lait seront importés

Le déficit laitier sera de 5 millions de litres Les droits de douane devraient être réduits à  20 % ou moins.

A six semaines du Ramadan, et pour la troisième année consécutive, les producteurs de lait et les pouvoirs publics ont entamé des discussions pour préparer l’approvisionnement du marché. Cette année encore, le déficit tournera, selon les premières estimations, autour de 5 millions de litres. Pour faire face à la forte demande qui se situe autour de 50 millions de litres pendant chaque Ramadan, l’importation d’UHT s’avère donc incontournable.

Production quotidienne en baisse de 30% d’ici peu

Aujourd’hui, les professionnels signalent une tendance baissière de la production quotidienne de lait. Cette dernière est de l’ordre de 1,8 million de litres à l’heure actuelle. La baisse, qui a débuté en juin, devra se poursuivre au cours des mois à venir et pourrait atteindre 30 % par rapport à la période de haute lactation.
Lors d’une réunion tenue le vendredi 5 septembre à Rabat, le ministère de l’Agriculture a donné son accord de principe pour des importations de lait UHT. Pour ce faire, les professionnels du secteur devront bénéficier, comme pour les deux dernières années, d’une baisse des droits de douane. Le niveau n’est pas encore fixé, tout comme la quantité de lait à importer et le calendrier. Toutefois, une cellule regroupant producteurs et pouvoirs publics a été mise en place et a même commencé à travailler sur ces détails. Cette cellule «doit procéder à des comparaisons des prix du lait au niveau international et national, à l’évaluation exacte du déficit ainsi que des quantités devant être importées pour le combler. Elle devra aussi permettre de fixer le niveau de la baisse des droits de douane», indique Driss Traki, PDG de la Centrale laitière et président de l’Association des producteurs de lait.
Historiquement, les droits de douane étaient fixés à 100 % ou 110 % avant d’être ramenés à 50 % en 2001 et 25% en 2002. Pour cette année, les professionnels ont proposé de les fixer entre 10 et 20%. «La taxe ne doit pas dépasser les 20 % car, au-delà de ce seuil, le prix de l’UHT restera élevé et la commercialisation sera difficile», explique M.Traki. La décision du ministère de l’Agriculture sera connue dans une dizaine de jours. On a aussi appris que les producteurs de lait désirent importer 2,5 millions de litres ; le reste (2,5 millions de litres) devant être couvert par les stocks de produits locaux.
Il faudra cependant faire vite. «Le timing est très serré», avertit le président de l’association. L’année dernière, rappelons-le, en raison des élections législatives, le ministère de l’Agriculture avait tardé à prendre une décision, ce qui avait perturbé le programme d’importations et donc l’approvisionnement du marché.
De toute manière, le déficit laitier est devenu structurel et la maîtrise de l’approvisionnement de plus en plus problématique. N’est-il pas temps pour les départements concernés de rouvrir le dossier de l’importation des génisses ?