24 unités de médecine d’urgence, 55 ambulances et six hôpitaux mobiles pour le milieu rural

Dans les villes, les actions entreprises pour le moment se limitent à  l’amélioration de l’accueil des patients et leur orientation vers les structures adaptées. La réforme vise l’intégration de toutes les fonctions de l’urgence médicale.

Annoncée en novembre 2012 par le ministère de la santé, la réforme des services des urgences avance timidement. Selon des sources proches du dossier, «les quelques réalisations qui ont été faites concernent principalement le milieu rural, dans les villes la réforme n’a pas encore réellement commencé». Ainsi, dans le rural, on notera la création de 24 unités de médecine d’urgence et l’achat de 55 ambulances et de six hôpitaux mobiles. Ces acquisitions renforceront les infrastructures et les équipements et permettront également aux populations des régions éloignées ou enclavées d’avoir accès aux soins. Dans la même veine, vingt unités de Samu obstétrical ont été mises en place et permettront de remédier aux défaillances des centres de santé ruraux. Cela viendra renforcer le dispositif existant, notamment les maisons d’accouchement créées durant les dix dernières années.

Dans les villes, la réforme en est encore à ses balbutiements. Les actions qui ont été réalisées sur le terrain concernent essentiellement l’amélioration de l’accueil des patients et leur orientation vers les structures adaptées. Néanmoins, on signale la persistance de nombreux dysfonctionnements tels que la forte affluence vers les urgences des CHU, les pannes des équipements radiologiques et l’insuffisance du personnel paramédical.

La demande de prise en charge croît de 5% chaque année

Ces défaillances pénalisent le fonctionnement et la gestion des urgences qui est, selon le ministère de la santé, le service le plus fréquenté dans les hôpitaux. Quelque 4 millions de personnes sont passées par les urgences en 2012, et la demande de prise en charge croît de 5% chaque année. C’est pourquoi le Plan ministériel 2012-2016 vise l’intégration de toutes les fonctions de l’urgence médicale y compris la réanimation spécialisée, l’amélioration du taux de prise en charge en élargissant la couverture du territoire national et enfin l’organisation des urgences en trois pôles distincts, notamment les urgences de proximité, les urgences médico-hospitalières de base dans les hôpitaux provinciaux et enfin les urgences médico-hospitalières complètes dans les hôpitaux régionaux et dans les centres hospitaliers universitaires. Tout cela suppose le renforcement du parc ambulancier et des moyens humains et matériels, le développement des urgences spécialisées et en dernier lieu la mise à niveau du transport sanitaire et la formation du personnel paramédical. Le coût de cette opération est estimé à 500 MDH.