24 millions de tonnes pour reconstruire la Libye ! Le Maroc peut-il avoir une part du gà¢teau ?

Le pays dispose d’une surcapacité de production de ciment qui atteindra 3 millions de tonnes d’ici peu. Le contexte géopolitique est favorable, mais le coût du transport risque d’être handicapant.

Les termes de l’équation sont simples. Pour assurer sa reconstruction, la Libye a besoin d’énormes quantités de ciment, en substance, 24 millions de tonnes, selon les estimations des professionnels. Il y a là largement de quoi absorber la surcapacité de production du secteur national actuellement de 1,5 million de tonnes et qui passera à 3 millions après l’entrée en production de la 2e unité des ciments de l’Atlas, en 2012. Mais exporter du ciment marocain vers la Libye est-il envisageable ? Selon les informations de La Vie éco, des intermédiaires étrangers ont cherché à étudier la question avec les cimentiers nationaux lors du salon Bâtimat, clos le 13 novembre dernier à Paris. Contactés, les managements des grands cimentiers ainsi que l’Association des professionnels du ciment (APC) se penchent sur la question même si, pour le moment, rien de concret n’est en vue. En effet, les concurrents potentiels du Maroc pour investir le marché libyen, principalement la Tunisie et l’Egypte, ne sont pour l’heure pas en ordre de bataille. A préciser d’abord que «la Libye, bien que disposant d’une capacité importante, se trouve dans l’obligation d’importer en raison d’un faible taux d’utilisation», précise un analyste spécialiste du secteur cimentier. La Tunisie qui exportait annuellement, avant la révolution, un million de tonnes vers la Libye et l’Algérie est bien en peine à présent de satisfaire son propre besoin.

L’Egypte surtaxera-t-elle les exportations de ciment ?

Quant à l’Egypte, elle continue jusqu’à présent de pâtir d’un climat politique délétère et d’interruptions de ses unités de production. Qui plus est, «le gouvernement égyptien qui subventionne le gaz au profit des cimentiers a déjà imposé par le passé des taxes à l’exportation de ciment pour endiguer des exportations massives de cette matière», rappelle un analyste. Tout cela pour dire que le contexte concurrentiel est des plus favorables pour le Maroc. Cependant, le produit local peut pécher par manque de compétitivité sur certains points. Le premier concerne le coût énergétique, à savoir que «ce facteur est 5 à 6 fois plus élevé au Maroc qu’en Egypte, par exemple», étaye un analyste. Deuxième point faible, le coût du transport. D’un faible rapport prix/poids, le transport du ciment reste coûteux. Mais il faut compter également avec le climat politique dégradé chez nos concurrents. A suivre.