23 projets et 9 milliards de DH pour démarrer la politique de la ville

Ils portent sur la requalification urbaine, la réhabilitation d’anciennes médinas et la relance des villes nouvelles dans 14 régions. Le ministère de l’habitat supporte 21% du coût global, le reliquat se répartit entre 53 collectivités territoriales, 15 départements ministériels et 8 organismes publics.

Une vingtaine de projets pour commencer. Le premier apport concret de la politique de la ville, initiée il y a un peu plus d’un an par le ministère de l’habitat, consistera en effet en 23 projets. La tutelle vient d’officialiser les conventions devant permettre leur réalisation. Dans le lot, on trouve de tout avec en premier des projets de requalification urbaine intégrée : création de zones d’activités économiques, d’équipements structurants, de réseaux viaires et d’assainissement ou encore de places publiques et d’espaces verts… Les régions concernées par ce type de chantiers sont entre autres la province de Khouribga, El Jadida, Sidi Yahya et Tamansourt, pour un coût total de 6,7 milliards de DH.

Viennent ensuite des projets de réhabilitation des anciennes médinas (traitement de l’habitat menaçant ruine, réhabilitation de monuments historiques, création de circuits d’animation touristique…) prévus dans les médinas de Fès, Meknès et Essaouira pour un investissement de 1,4 milliard de DH.

Enfin, des programmes de relance de villes nouvelles, spécifiquement Atlantic Free Zone à Kénitra, Tamesna et Tagadirt mobiliseront un investissement de 546 MDH. Une enveloppe qui servira notamment à la réalisation d’équipements et d’espaces verts ainsi que l’élaboration d’études techniques dans ces zones.

En tout, 14 villes et provinces sont concernées par ces chantiers devant être réalisés entre 2013 et 2017. Pourquoi ces régions en priorité ? Depuis la mise en place du référentiel de la politique de la ville en juin dernier, l’Habitat a effectué un appel à projets et ceux qui ont été retenus jusqu’à présent sont ceux qui ont bénéficié de la plus forte mobilisation des acteurs locaux. C’est en effet le critère prioritaire considéré par la tutelle.

Une agence pour l’habitat menaçant ruine d’ici la fin de l’année

C’est que toute la démarche pour la réalisation de ces chantiers est basée sur un partenariat financier entre différents acteurs. Le coût total prévu pour les 23 projets qui est de 8,9 milliards de DH ne sera pris en charge qu’à hauteur de 21% par le ministère de l’habitat. Le reste devant être réparti entre 53 collectivités territoriales, 15 départements ministériels et 8 organismes publics. La question se pose au passage de savoir si en dépit des récentes coupes dans le budget d’investissement, qui devraient priver l’Habitat de 279 MDH, la tutelle pourra couvrir convenablement sa part. En fait, cette coupe ne devrait avoir aucune incidence, assure Nabil Benabdellah, le ministre de l’habitat, étant donné que la quote-part de la tutelle est prélevée au niveau du Fonds de solidarité habitat et intégration urbaine (FSHIU), lequel est pour rappel alimenté par des prélèvements sur les ventes de matériaux de construction.

Pour la suite, une deuxième salve de 15 autres projets devrait être conventionnée avant la fin de l’année, selon les plans du ministère de l’habitat. 
  

En outre, le ministère devrait mettre à profit les prochains mois pour mettre en place les fondements de la politique de la ville. A ce titre, un premier volet concerne la lutte contre l’habitat menaçant ruine. Une première mesure en la matière portera sur la mise en place d’ici la fin de l’année d’une agence nationale du renouvellement urbain et de l’intervention au niveau de l’habitat menaçant ruine pour un budget de 100 MDH. Le projet de loi relatif à cette agence a déjà été déposé au Secrétariat général du gouvernement en juin dernier qui l’a soumis à son tour au ministère des finances. Il devrait en résulter une mouture définitive qui devrait être soumise à discussion. La mise en place de cette agence sera complétée par une loi sur l’habitat menaçant ruine déposée elle aussi au SGG à la mi-2012. Comme nous le rapportions en exclusivité dans une précédente édition, ce nouveau cadre prévoit, entre autres, la mise en place d’une commission présidée par le gouverneur qui aura la charge de déterminer les habitats menaçant ruine sur la base de rapports d’expertise et arrêtera les réparations à apporter selon les cas. Aussi, la tutelle envisage de créer un comité interministériel de la politique de la ville prévue pour juin prochain.

A cette même date, il est prévu le lancement d’une étude relative au schéma national de renforcement de l’armature urbaine. Le ministère a enfin dans ses cartons une loi d’orientation de la politique de la ville dont l’adoption est prévue pour la fin de l’année en cours.