23 ans après, les études de médecine seront de nouveau réformées

Les médecins formés actuellement ne sont pas en phase avec le profil épidémiologique du Maroc.
Des cours optionnels seront introduits et des passerelles mises en place.

Plus de 22 ans après la réforme de 1983, un nouveau projet de modification du cursus des médecins, pharmaciens et dentistes est en gestation. Une commission planche sur les lignes directrices du projet. S’il n’y a pas encore d’architecture précise de la réforme, la commission a déjà  effectué un diagnostic détaillé du système actuel et fait part de ses premières recommandations.
Les résultats sont sans appel: une réforme des études médicales s’impose en raison de l’ancienneté du modèle actuel et des changements intervenus tant au niveau socio-économique et épidémiologique du pays qu’au niveau des politiques de santé publique.
Parmi ces mutations, l’étude retient premièrement le changement du profil épidémiologique du Maroc, notamment avec l’éradication d’un certain nombre d’infections et le développement des maladies émergentes. Deuxièmement, les changements intervenus dans la carte sanitaire du pays se sont traduits par une extension des infrastructures sanitaires et leur décentralisation, ce qui implique une nouvelle politique sanitaire. Pour cela, il faudra instaurer un système favorisant la mobilité des étudiants et des enseignants et facilitant la reconnaissance des diplômes. La troisième grande raison de la réforme tient au fait que la mise en Å“uvre de l’Assurance maladie obligatoire impose une profonde mutation des métiers de la santé.

Le temps d’enseignement théorique sera réduit d’un tiers
Selon l’étude, la formation de base actuelle (qui dure 7 années) n’aboutit pas au profil de médecin attendu par un système de santé performant. La formation actuellement dispensée est décrite comme «un modèle fermé o๠l’on enseigne au futur médecin des éléments de différentes spécialités d’une manière fragmentée, souvent axées sur des méthodologies non adaptées aux besoins de santé de première ligne».

L’absence dans l’enseignement d’aspects fondamentaux comme l’administration de la santé, les sciences humaines, l’éthique et les activités de recherche est aussi relevée.
Partant de ce constat, la commission a axé sa réflexion sur une revalorisation du médecin généraliste. A cet effet, elle a débattu du profil des médecins, du contenu de la formation pédagogique en s’orientant vers la polyvalence. Sont également analysés la place à  donner à  la formation clinique, les conditions d’accès au concours de médecine, l’organisation des études en modules capitalisables avec une évaluation continue, la mise à  jour de la liste des spécialités, la mise en adéquation des besoins en formation et l’encadrement hospitalier.
Le projet prévoit de réduire d’au moins un tiers le temps d’enseignement théorique et de moitié celui des travaux pratiques de laboratoire. Il est également prévu des stages de sémiologie dans le premier cycle, de renforcer les stages hospitaliers, coordonner enseignements théoriques et cliniques et introduire des cours à  option.