2014, année blanche pour les sociétés de crédit conso

Leur production fait du surplace sur les 9 premiers mois, à  9 milliards de DH. Elle devrait stagner à  fin décembre. Les sociétés souffrent sur le segment du prêt personnel avec une chute de production de 9%.

Après avoir donné quelques signaux encourageants, 2014 devrait au final être une année blanche pour le crédit à la consommation. Sur les neuf premiers mois de l’année écoulée, la production des sociétés spécialisées du secteur affiche une courbe plate par rapport à la même période de l’année passée, à près de 9 milliards de DH, selon les statistiques non encore rendues publiques de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF). Autant dire que ce n’est pas en 2014 que le secteur du crédit conso devrait sortir la tête de l’eau, étant à rappeler que les sociétés spécialisées affichent une chute de production de près de 18% depuis 2008. Dans le sillage du surplace de la production de nouveaux crédits, l’encours de financement affiche une très timide progression sur la même période : +2%, à 40 milliards de DH. C’est dire que les crédits qui arrivent à échéance sont à peine remplacés par de nouveaux financements. A ce titre, il faut noter que le nombre de dossiers totalise moins de 1 million à fin septembre, en recul de 1% par rapport au même mois de l’année d’avant. Et pour dire à quel point le secteur est dans une mauvaise passe, il faut rappeler que les professionnels estiment qu’en dessous de 5% de croissance, le secteur ne se développe pas.

Les banques plus agressives

Les raisons de la méforme sont bien évidemment à chercher du côté du prêt personnel, segment sur lequel les sociétés spécialisées continuent de perdre du terrain au profit des banques. Leur production baisse de 9%, à près de 4,2 milliards de DH. Et la tendance est d’autant plus inquiétante pour les sociétés qu’elle s’accompagne d’un recul de l’encours de 2%, à 23,9 milliards de DH. Parallèlement, les banques enregistrent une hausse de 9,2%, à 44,1 milliards de DH. En rajoutant cet encours au stock de 40 milliards de DH détenu par les sociétés spécialisées, l’encours total du crédit conso ressort à un peu plus de 84 milliards de DH dont les banques détiennent donc 52,4%. Les sociétés de financement auraient pu se laisser distancer davantage par les banques. Mais le crédit automobile, sur lequel elles restent relativement performantes, a sauvé la mise. Leur production sur ce segment progresse de 10%, à 4,4 milliards de DH sur les 9 premiers mois de l’année. Pourtant, la production du crédit auto classique affiche une baisse de 7%, à 2,5 milliards de DH. Mais les sociétés rattrapent largement ce qu’elles perdent sur les formules conventionnelles par la LOA. Celle-ci enregistre en effet une hausse de la production de 45%, à près de 2 milliards de DH alors qu’on en était à une dégringolade de 32% en 2013. Les sociétés ont su redonner des arguments à cette solution en abaissant la valeur résiduelle dont est assortie la LOA en réaction à l’application de la TVA sur cette valeur résiduelle depuis la Loi de finances 2013.