20 bateaux arraisonnés pour non-respect du plan de pêche

La Marine royale et la gendarmerie sont intervenues
2 000 barques artisanales informelles déjà détruites.

Comme l’on s’y attendait, le redémarrage de la pêche au poulpe, le 15 mai, après un arrêt biologique de huit mois, a été marqué par des frictions entre les autorités de tutelle et des armateurs de la pêche côtière. Des unités qui n’avaient pu obtenir une autorisation ont voulu remonter vers la zone de pêche, mais se sont opposées aux unités de surveillance de la zone sud. Au total, 20 barques ont été arraisonnées. Tijanni Rhanni, secrétaire général du ministère des Pêches maritimes, se félicite de cette détermination à faire respecter le nouveau plan. Omar Akouri, président de l’Association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc (AEM), est sur la même longueur d’onde et approuve sans ambages l’action des autorités. «C’est la première fois qu’autant de moyens sont déployés pour mettre fin à l’anarchie qui a régné dans le secteur ces dernières années», commente-t-il.

Les 45 premiers arrivés dans la zone ont été autorisés
Il semble que l’on soit parti pour un long bras de fer à ce sujet. En effet, à l’annonce des principales dispositions du plan stratégique, les représentants de la pêche côtière, dont certaines revendications n’ont pas été satisfaites, avaient montré leur désapprobation et signifié que la profession ne s’y conformerait pas (cf. La Vie éco du 7 mai).
Trois mesures ont particulièrement suscité l’ire des opérateurs. D’abord, sur les 300 bateaux de la pêche côtière qui opèrent dans la zone sud, le plan limite le nombre d’unités habilitées à opérer à 100. Ensuite, l’Administration compte introduire, avec ce redémarrage de la pêche au poulpe, le principe du zoning. Mais les professionnels de la pêche côtière ont du mal à admettre ce concept car ils veulent continuer à pêcher sur les sites jugés les plus peuplés.
Enfin, face au rejet par les opérateurs des différents critères de sélection des navires qui leur ont été proposés, entre autres l’ancienneté dans la zone, le montant de l’investissement…, le ministère a décidé que les premiers chalutiers arrivés dans la zone seraient les premiers servis.
Ainsi, le 15 mai, les premiers bateaux arrivés, qui ont passé avec succès la visite technique, recevaient leur licence de pêche. 45 navires ont ainsi obtenu leur sésame. Les autres ont voulu tout simplement forcer le passage. C’est ce qui a poussé les autorités à intervenir. Au moment où nous mettions sous presse, la situation s’était normalisée.
Concernant la flotte hauturière, les deux tiers de la flotte ont pris le large. Chaque société a désigné le nombre de bateaux restant à quai en attendant la deuxième vague de sortie en mer. Pour le moment, les professionnels jugent le volume des prises satisfaisant.
Pour ce qui est des 7 500 barques de la pêche artisanale disposant d’une licence de pêche, l’intervention alternée en mer par groupes de 2 500 barques a été respectée. En revanche, pour les barques intervenant sans autorisation, des moyens de contrôle sur les côtes ont été mis en place, en collaboration avec les autorités locales. Selon M. Rhanni, à ce jour, 2 000 barques ont déjà été détruites