1,8 million de salariés déclarés à  la CNSS

184 219 entreprises affiliées, en hausse de 13% entre 2005 et 2006

Matériaux de construction
et BTP sont le premier employeur
90% des salariés déclarés
perçoivent au plus 6 000 DH par mois.
1% seulement des entreprises affiliées emploient 200 salariés
et plus.

Même si elle ne représente encore que 15 % des unités opérant dans l’informel, l’économie organisée progresse malgré tout. La preuve, en 2005, le nombre d’entreprises actives affiliées à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) a augmenté de 15,8 %, passant de 140 695 en 2004 à 163 026 en 2005. Pour 2006, la CNSS estime à 184 219 le nombre de ses affiliés, soit une progression de 13 %. Entre 2000 et 2006, le secteur formel a évolué globalement au rythme de 14 % par an. On peut imaginer qu’avec une fiscalité plus allégée – ou plus adaptée -, et, plus généralement, un environnement moins contraignant, l’activité organisée réussirait à mordre plus substantiellement sur l’informel, lequel, mine de rien, emploie encore près de 2 millions de personnes, selon la dernière enquête de la Direction de la statistique sur le phénomène.

Parallèlement à cette progression du nombre d’affiliés, le nombre de salariés déclarés est, lui aussi, en augmentation, quoique à un rythme moins prononcé : 1,8 million de personnes en 2006 (+ 6,3 %), contre un peu moins de 1,7 million en 2005 (+ 6 % par rapport à 2004).

Pour autant, ces hausses à la fois des affiliés et des déclarés (qui sont bien évidemment les bienvenues) ne semblent pas changer grand-chose à la structure de l’économie marocaine. Celle-ci repose globalement sur l’activité tertiaire, elle est sous-encadrée, et, enfin, elle est portée par des entreprises de taille modeste.

L’économie repose sur l’activité tertiaire
Sur le premier constat (la tertiarisation de l’économie), l’analyse des statistiques de la CNSS montre en effet qu’en termes d’affiliés aussi bien que de contribution à la masse salariale déclarée, le commerce s’adjuge la première place avec respectivement 28% et 16,8%, suivi par les activités de services avec 15,7% et 13,5%. Parmi les secteurs qui emploient le plus, on retrouve de nouveau le commerce, cette fois à la deuxième place, avec 16,2 % du total des salariés déclarés, mais devançant tout de même le textile et confection, qui vient en troisième position avec 13,2 % du nombre de salariés déclarés. C’est, probablement, forts de ce constat que les pouvoirs publics ont décidé, il y a un peu plus d’une année, de lancer le Plan Emergence qui vise à donner une base industrielle à l’économie marocaine.

41% des salariés déclarés touchent un salaire inférieur ou égal au SMIG
S’agissant du constat de sous-encadrement, cela apparaît notamment au travers de la modestie des salaires distribués. 41 % des salariés déclarés touchent en effet un salaire inférieur ou égal au SMIG, 49 % un salaire variant entre le SMIG et 6 000 DH, et seulement 9% un salaire de 6 000 DH et plus. Autrement dit, 90% des salariés déclarés (soit un peu plus de 1,6 million de personnes) perçoivent entre 1 000 et 6 000 DH. Mais ces chiffres, il faut certainement les nuancer, car les employeurs, presque tous, pratiquent la sous-déclaration, et c’est un secret de polichinelle. Sinon, comment expliquer que les salaires de 6 000 DH et plus (déclarés, bien sûr) sont servis à 9 % seulement du total des salariés, alors que pas loin de la moitié de ceux-ci (45 %) travaillent dans les grandes entreprises, celles employant plus de 200 salariés !

Malgré tout, la sous-déclaration, bien réelle, n’explique pas tout. La modestie des salaires est sans doute liée aussi au fait que les plus gros employeurs sont surtout ceux qui recourent le plus à la main-d’œuvre : matériaux de construction et travaux publics, commerce et textile, confection. A eux seuls, ces trois secteurs emploient, en effet, 46,3% de l’ensemble des salariés déclarés, les 24 autres secteurs restants (selon la nomenclature de classement des activités de la CNSS) se partageant 53,7% des salariés déclarés. Cette situation, d’ailleurs, n’est pas étrangère au fait que 83% des entreprises affiliées emploient entre 1 et 10 salariés, 16% entre 11 et 200 salariés et seulement 1% plus de 200. Résultat, et c’est le troisième constat : l’entreprise marocaine, comme indiqué plus haut, est de taille modeste. Le nombre de salariés moyen par entreprise est de 16,3, selon les dernières données de la CNSS.