14 000 DH le m2 ! L’immobilier flambe à  Rabat

En neuf mois, les prix ont flambé. Le Haut-Agdal et le Haut-Hassan sont les quartiers les plus prisés.
A l’origine de la flambée, la rareté du foncier mais également
les deux projets Amwaj et Saphira.
Ruée sur les villas économiques de Tamesna. 27 000 demandes pour
800 villas.

«L’immobilier à Rabat ? C’est la folie». L’exclamation est d’un agent immobilier de la capitale. 14 000 DH le mètre carré construit dans le Haut-Agdal ou le Haut-Hassan, entre 10 000 et 12 000 DH à Hay Ryad et le Bas-Agdal, 7 000 DH à Hassan et Diour Jamaâ et presque autant à l’Océan, quartier typique de la classe moyenne de Rabat, composée surtout de fonctionnaires. Autant d’exemples qui confirment la tendance haussière du marché de l’immobilier de la capitale.

Effet d’entraînement des projets émiratis
Mais la flambée a surtout été spectaculaire ces derniers mois. En neuf mois, il faut compter 30 % de plus pour pouvoir acquérir un logement à Rabat. Une hausse qui, en plus, a touché tous les quartiers. «Même le quartier populaire Akkari n’a pas été épargné et un appartement neuf d’une centaine de mètres carrés s’y vend aujourd’hui à 700 000 DH», s’indigne un acquéreur qui, dans sa quête désespérée de logement pas cher, a fini par s’orienter vers ce quartier populaire, habituellement réservé aux classes moyennes et pauvres de la société.

Les causes de cette flambée des prix ? Il y en a deux avec, en tête de liste, la rareté du foncier. «Si le prix de l’immobilier est aussi cher à Rabat, c’est essentiellement à cause de l’indisponibilité de terrains constructibles», précis-t-on auprès de l’agence immobilière Al Oufeir. A l’Agdal, par exemple, les parcelles de terrain encore disponibles sont très rares et convoitées par les promoteurs. C’est le cas notamment d’anciennes villas dont le prix au mètre carré avoisine les 16 000 DH. La même situation est vécue à Hassan, autre quartier résidentiel qui jouit pour sa part d’une proximité stratégique des sièges des ministères et différentes administrations publiques.

«Pourtant, la capitale administrative compte une importante réserve foncière représentée par le plateau d’Akreuch», fait-on remarquer auprès de Miamar Constructions, société de promotion immobilière dont le siège se trouve à l’Agdal.

La réserve foncière d’Akreuch en attente du déménagement de la décharge
«Malheureusement, cette zone n’est pas encore ouverte à l’urbanisation», ajoute la même source. Plusieurs raisons sont avancées par les autorités compétentes de la ville de Rabat, notamment l’Agence urbaine. Entre autres, celles liées à la difficulté d’étendre un réseau moderne d’assainissement ainsi que la situation écologique du site, situé non loin de l’actuelle décharge de Rabat. Le déménagement du site de cette dernière à Oum Azza devrait toutefois changer la donne.

La hausse des prix de l’immobilier à Rabat est par ailleurs liée, et c’est la deuxième cause, aux deux nouveaux méga-projets immobiliers et touristiques qui cultivent l’ambition de faire changer la capitale du Maroc en une cité hautement attractive pour les touristes, surtout le tourisme d’affaires. «Amwaj», initié par Sama Dubaï sur le Bouregreg, et Saphira, développé par Emaar sur la côte atlantique. Si, pour le moment, les deux projets sont encore à l’état de maquette, leurs effets d’entraînement se font déjà ressentir, essentiellement dans les quartiers riverains. Quelques jours après le lancement officiel des travaux de Saphira, il y a quelques semaines, les propriétaires de biens immobiliers dans la Résidence Assabah et les bâtiments donnant sur la route côtière de Rabat, ont commencé à faire des affaires, mettant leurs appartements sur le marché à des prix souvent astronomiques. Le même phénomène a été remarqué à Hassan, quartier donnant directement sur la rive du Bouregreg et donc censé profiter des effets du projet Amwaj.

Jusqu’où ira la flambée ? Personne ne s’aventure à faire un pronostic. Une chose est sûre, affirme un promoteur rbati, «contrairement aux apparences, le prix de l’immobilier à Rabat dépasse, à standing équivalent, celui de l’immobilier à Casablanca»

Ville nouvelle
Tamesna, une bouffée d’oxygène


Tamesna est perçue par les Rbatis comme une bouée de sauvetage. Sise à une dizaine de kilomètres de Rabat, proche de Témara, cette nouvelle ville a été officiellement lancée le 22 juillet 2004. Depuis, le succès est au rendez-vous. Les produits les plus prisés sont incontestablement les villas économiques. Quelque 27 000 demandes ont été déposées auprès d’Al Omrane Tamesna pour les seules 800 villas prévues dans la première tranche de l’opération. Le noyau urbain de cette nouvelle structure urbaine, qui s’étendra sur une superficie de 860 hectares, compte également des ilôts d’immeubles sociaux, économiques et résidentiels. Au total, ce sont 52 000 logements qui y seront érigés. Cette nouvelle structure accueillera quelque 250 000 habitants pour un coût global de 14 milliards de dirhams.
70 hectares seront réservés à la mise en place de services publics structurés, 120 autres hectares pour des services de moyenne dimension, alors que 78 hectares abriteront des activités économiques.