130 000 logements à  140 000 DH à  construire en 5 ans

Le coût de construction au mètre carré ne dépassera pas 2 000 DH.
Les ménages éligibles sont ceux dont le revenu varie entre 1 800 et
2 700 DH.
La traite mensuelle des crédits variera entre 740 et 950 DH.

à‡a y est. Le ministère de l’habitat et de l’urbanisme a enfin dévoilé, mercredi 2 avril, le détail de son fameux programme des logements à  140 000 DH, devant les opérateurs du secteur. Une dizaine de cabinets d’architectes avaient participé à  l’élaboration de ce concept de logement super économique. Celui-ci est appelé à  devenir un redoutable concurrent de la baraque du bidonville, et vise à  permettre l’accès à  la propriété de toute une catégorie de la population pour laquelle les appartements à  200 000 DH étaient hors de portée (voir notre article du 22 février).

La clientèle cible est d’ailleurs déjà  bien identifiée: ménages dont l’habitat menace ruine, habitants des bidonvilles, personnel et agents de sécurité, fonctionnaires à  revenu modeste, salariés du secteur privé organisé, petits artisans ou commerçants. En fait, il s’agit de familles dont le revenu mensuel varie entre

1 850 et 2 775 DH. Celles-ci pourront aussi recourir aux fonds de garantie mis en place par l’Etat, notamment le Fogarim. Selon l’apport personnel, les traites seront de 740 à  950 DH par mois pour un prêt étalé sur 17 ans.
Afin d’éviter les dérapages, les promoteurs privés disposeront de deux choix pour la commercialisation des projets : la confier à  un opérateur public ou présenter des garanties au profit de clients cibles identifiés à  l’avance (associations, amicales, etc.).

Bien que devant réduire les charges au maximum pour pouvoir arriver à  ses fins, le ministère a conservé un certain souci de l’esthétique, et précise que les unités de voisinage devront être «à  échelle humaine». Finis donc les énormes pâtés d’immeubles sociaux, que l’on qualifie parfois de «bidonvilles à  la verticale». D’ailleurs, c’est du R + 3 qui a été prévu pour toutes les constructions. Les projets doivent aussi inclure des espaces verts, des aires de sport et de loisir.

L’Etat souhaite attirer les petits et moyens promoteurs
Comme prévu, l’Etat souhaite cette fois attirer les petits et moyens promoteurs. En effet, les conditions d’éligibilité au programme sont fixées à  la production de 500 unités en milieu urbain, ou de 100 en milieu rural, à  l’intérieur d’un délai de cinq ans. Un chiffre beaucoup plus raisonnable que les 2 500 unités exigées dans le cadre de l’article 19.
L’administration a également mis le paquet pour séduire les opérateurs : exonération fiscale totale des adhérents aux programmes, accès prioritaire au foncier public, cession de terrains équipés au prix coûtant, soutien administratif et technique particulier aux projets en milieu rural. Pour ce qui est de la marge bénéficiaire par logement, l’Habitat persiste et signe: elle sera de 20 000 DH par unité, soit 17% du coût. Ce calcul est basé sur une valeur de 2 000 DH le m2 construit. Le foncier équipé prendrait 270 DH, les diverses études 120, les travaux de construction

1 360 et, enfin, les frais divers 250. Bien évidemment, les appartements seront livrés finis, mais dans leur plus simple appareil. Par exemple, pour l’électricité, on ne comptera qu’un point lumineux et une prise par pièce. Les salles de bain, quant à  elles, disposeront d’un bac à  douche, de WC à  la turque, d’un lavabo et d’un évier.

La demande pour ce genre d’appartement, toujours selon le ministère, tourne autour de 40 000 unités par année, dont 30 000 en milieu urbain. Pour la période 2008-2012, quelque 28 822 logements devraient être construits à  Casablanca. Agadir obtiendra aussi une bonne part du gâteau avec 22 612 unités, tandis que Marrakech et Tamesna accueilleront respectivement 21 916 et 14 262 unités.
Al Omrane produira environ 25 000 unités par an pour le prochain quinquennat. A travers ses dix filiales régionales, l’aménageur public réalisera quelque 130 007 logements, dont 69 725 seront produits en partenariat public/privé. Ce sont 2 750 hectares de foncier public qui seront mobilisés, au total. Les investissements directs prévisionnels se chiffrent, quant à  eux, à  42 milliards de DH. Pour confondre les sceptiques, l’Habitat assure qu’Al Omrane a déjà  réalisé, en collaboration avec le privé, des projets semblables. Les programmes Al Boustane, à  Meknès, ont permis la mise en vente de logements à  104 000 DH. Idem pour le projet Assilah, à  Marrakech (134 380 DH).