120 000 emplois nets créés en 2010

Le chômage a stagné à  9,1% mais le nombre de chômeurs a augmenté de 8 000 personnes. Le BTP à  l’origine de plus de la moitié des créations nettes d’emplois. L’industrie en a créé 5 000 mais en a perdu 5 000 en même temps.

Les créations d’emplois évoluent à un rythme plutôt lent, en tout cas bien moins vite que l’évolution de l’activité économique, appréhendée par la croissance du PIB. Selon les tous derniers chiffres du Haut commissariat au plan (HCP) sur le marché du travail en 2010, l’économie nationale a créé 120 000 emplois nets au cours de l’exercice qui vient de s’écouler. C’est 25 000 postes de plus qu’en 2009 (voir graphe) et, pourtant, le taux de chômage, lui, est resté au même niveau que l’an dernier : 9,1%.
Contrairement à ce que pourrait suggérer cette stabilisation du taux de chômage, le nombre de chômeurs, lui, a augmenté  de 0,8%, soit 8 000 chômeurs de plus qu’en 2009. Comment expliquer cela ? Tout simplement parce que la population active a progressé de 1,1% en 2010 par rapport à 2009. Cela veut dire que le nombre d’emplois créés est insuffisant pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
On peut considérer à ce propos que le taux de chômage eût été probablement plus élevé que le niveau auquel il se trouve aujourd’hui n’étaient la hausse depuis 2008 du sous-emploi, et surtout la faible croissance de la population active. Il est significatif à cet égard que le taux d’activité est en baisse depuis plusieurs année :  49,6% en 2010, 49,9% en 2009, 50,6% en 2008, 51% en 2007… Cette situation étant liée à la baisse de la fécondité et la faible participation des femmes dans le monde du travail.

Stagnation de l’emploi dans l’industrie et l’artisanat

Quoi qu’il en soit, avec 120 000 emplois nets créés en 2010, on est bien loin des 250 000 prévus au début de cette législature. La croissance économique n’est donc pas assez riche en emplois et particulièrement dans l’industrie. Il suffit d’ailleurs d’observer les secteurs d’activité qui ont contribué à la création des 120 000 postes en 2010 pour s’en rendre compte une fois de plus. Sur ce total, en effet, plus de la moitié provient du BTP : 63 000 nouveaux postes soit une hausse de 6,6%. En deuxième position viennent les services avec 35 000 emplois nouveaux réalisant ainsi une croissance de 0,9%. L’agriculture, forêt et pêche, en troisième position ont créé seulement 21 000 postes en augmentation de 0,5%. Les 1 000 autres emplois restants étant l’œuvre de ce que le HCP qualifie d’«activités mal désignées». L’industrie, y compris l’artisanat, a quant à elle fini l’année avec une contribution nulle aux créations nettes d’emplois, puisqu’elle en a créé 5 000 en milieu urbain et, en même temps, en a perdu 5 000 autres en milieu rural.
Le secteur industriel est d’ailleurs celui qui a connu les plus fortes destructions d’emplois depuis des années déjà. Est-ce lié à la hausse de la productivité, à  la faible expansion de ce secteur ?
Concernant la lenteur du rythme des créations d’emplois observé depuis 2007, en particulier, il faut peut-être ajouter un autre élément d’explication, en plus de celui, connu, de la relative stérilité de la croissance économique en cette matière : les emplois non rémunérés, c’est-à-dire grosso modo les aides familiales, sont en régression constante. Jusqu’à une date récente, ces emplois-là venaient gonfler le volume des postes créés chaque année (le nombre d’emplois nets a même atteint plus de 426 000 en 2003). En 2010, le nombre d’emplois non rémunérés a baissé de 11000. La part de l’emploi non rémunéré dans l’emploi total est passée de 23,6% en 2009 à 23,3% en 2010, et la tendance est en baisse depuis des années. Cela renseigne sur l’aspiration des actifs concernés à sortir de la dépendance familiale, et cette tendance apparaît du reste dans la contribution de l’agriculture à l’emploi qui demeure encore importante, certes (40% de l’emploi total), mais tout de même en baisse par rapport à ce qu’elle était il y a quelques années.
En un mot, l’offre de travail évolue, elle devient de plus en plus exigeante, en tout cas de plus en plus en phase avec l’évolution de la société et de l’environnement global…