100 MDH pour produire des semences certifiées de pommes de terre

C’est la société Dynagri, deuxième importateur de semences, qui mène le projet.
Le Maroc importe 45 000 tonnes de semences certifiées.

Dynagri, société pour la dynamisation de l’agriculture, créée il y a deux ans et pourtant deuxième importateur local de semences de pommes de terre après la Sonacos, compte investir 100 MDH d’ici 2010 pour produire à  grande échelle des semences certifiées, dont des variétés protégées, aux normes internationales. Ce projet a été annoncé le 21 juin, lors de la présentation des résultats de ses essais à  plusieurs opérateurs et à  des cadres du ministère de l’agriculture.

Il faut dire que le potentiel du marché est important. La production locale de semences certifiées est quasi nulle (1 000 à  1 500 tonnes) au regard des besoins qui sont de l’ordre de 150 000 tonnes par an. Le Maroc n’en importe que 30 %, le reste étant comblé par les semences communes, alors que la certification Eurepgap (Good Agricultural Practices ou bonnes pratiques agricoles du groupe Eurep, d’origine britannique), à  laquelle doivent répondre les produits nationaux destinés à  l’export, exige l’utilisation de semences certifiées.

Les producteurs sont unanimes à  reconnaà®tre la nécessité de développer la production nationale pour éviter la dépendance de l’étranger pour les approvisionnements. En effet, ils sont inquiets chaque fois qu’un gel, une sécheresse ou autre phénomène météorologique risque d’affecter la production européenne, avec pour conséquence la flambée des prix de la semence.

La société propose une assistance technique aux producteurs
Pour son projet, Dynagri a mis en place un programme recherche-développement en partenariat avec des sociétés internationales qui se chargent de la recherche fondamentale et l’obtention variétale, la recherche appliquée se faisant au Maroc. Dans la pratique, «les variétés obtenues par les sociétés internationales sont essayées par la société marocaine dans ses centres installés dans les différentes régions de production du pays», explique Lahcen Abdane, le DG. Les meilleures variétés sont inscrites au catalogue officiel, puis commercialisées auprès des producteurs après une phase d’essai chez ces derniers.
Partant du constat que la mise à  la disposition du producteur de variétés à  haut potentiel ne suffit pas à  assurer un bon rendement, la société a établi un programme d’assistance technique au producteur, assuré grâce à  une collaboration avec des partenaires nationaux : un laboratoire d’analyses casablancais (Labomag), une société d’engrais (Charaf corporation) et des maisons phytosanitaires.