10 000 ingénieurs à  former chaque année

L’Etat alloue un budget de 700 MDH à  l’opération et confie le pilotage à  l’ANRT.
Le salaire des enseignants vacataires passera de 175 DH à  350 DH de l’heure.

Le Maroc ne forme pas suffisamment d’ingénieurs. On l’avait diagnostiqué il y a quelques années déjà  ! Mais aujourd’hui, programme Emergence aidant, on a avancé sur ce chapitre, puisqu’on sait aussi comment combler cette lacune qui faisait reculer les gros investisseurs. D’ici 2010, on va passer des 4 300 ingénieurs formés au titre de l’année universitaire 2005/2006 à  10 000 ingénieurs par an. Pour ce faire, une feuille de route a été élaborée par un comité piloté par Mohamed Benchaâboune, DG de l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications).
Sur cette période de 4 ans, 700 MDH seront accordés aux différentes pépinières que sont les universités, les écoles d’ingénieurs et les autres établissements pour leur permettre d’élargir leurs locaux ou d’acheter des équipements.

Encouragement de l’investissement dans les résidences universitaires

Les établissements, pour leur part, s’engagent à  tout mettre en Å“uvre dans ce sens: augmentation des postes d’enseignants, optimisation des locaux et des ressources humaines, développement des partenariats nationaux et internationaux… Même le décret de rémunération des enseignants-chercheurs a été modifié et le salaire des vacataires a été relevé de 175 DH à  350 DH, ce qui permettra d’attirer davantage les formateurs et encadreurs.
La formation des ingénieurs elle-même va se trouver enrichie par le monde de l’industrie puisque les managers seront sollicités pour des interventions ponctuelles. Mieux, on envisage de mettre en place des cursus labélisés, de manière à  ce que les lauréats soient plus proches des attentes du marché de l’emploi.
Pour le recrutement des étudiants, les mécanismes existants, comme les prépas, seront maintenus, mais la base d’éligibilité pourra être élargie et des passerelles développées. En outre, des bourses d’excellence et des aides au logement sont prévues tout comme des encouragements pour ceux qui veulent investir dans les résidences universitaires.
Mais en voulant faire du volume, ne risque-t-on pas de commencer à  former des «sous-ingénieurs» ? A cette crainte, Mohamed Benchaâboune répond sans se démonter : «C’est le marché qui détermine les besoins et les cursus doivent se plier à  cette réalité. Le marché a surtout besoin de diplômés aux cursus plus modestes, plus courts, capables d’être opérationnels sur des sites de production parfois isolés voire pénibles. L’essentiel est de respecter un seuil minimal de compétence». Raison pour laquelle le plan de 10 000 ingénieurs s’intitule «Formation d’ingénieurs et assimilés»