10 000 demandes de départ volontaire déjà  déposées

Des spots télévisés seront diffusés pour mieux informer les fonctionnaires.

L’Etat veut faire de l’opération des départs volontaires à la retraite dans la fonction publique un succès. Le ministère de la Modernisation des secteurs publics a, à cet effet, élaboré des spots télévisés qu’il a présentés à la presse mercredi 2 mars. Pour Mohamed Boussaid, ce que ces spots tentent de véhiculer, c’est le message suivant : «renseignez-vous, réfléchissez, puis décidez en connaissance de cause». Autrement dit, il ne s’agit pas d’inciter vraiment les gens à partir, mais seulement de les informer des tenants et aboutissant de la formule.
Sur les 10 000 demandes enregistrées, environ 3 000 ont été agréées. Ce chiffre peut être apprécié diversement mais les pouvoirs publics pensent que les dernières semaines seront décisives. «C’est surtout vers la fin, une fois qu’ils ont pesé le pour et le contre, que les gens se décident».

Un risque de démotivation chez ceux qui essuieraient un refus ?
Les départs volontaires à la retraite commencent à susciter des interrogations chez certains observateurs qui disent ne pas saisir vraiment l’objectif. «Si c’est pour réduire la masse salariale, il faudrait que ce soit les fonctionnaires ayant de gros salaires qui partent. Or, si ceux-là partent, parce qu’ils toucheront une prime conséquente avec en sus des possibilités énormes de se faire recruter dans le privé, l’administration perdra et les compétences et l’expérience. Si en revanche, on a ciblé le bas de l’échelle, il n’est pas sûr que ceux-là se décident à laisser tomber un salaire garanti, en contrepartie d’une petite indemnité et sûrement des tracasseries pour trouver un job», résume un observateur. Il oublie néanmoins que les demandes sont soumises à l’agrément de la hiérarchie et que, en principe, seuls les départements où les effectifs dépassent les besoins peuvent autoriser les départs. En tout état de cause, chaque administration est responsable de sa décision sur cette question, sachant que les partants ne seront pas remplacés. Une autre question reste posée. Si quelqu’un demande à partir et que l’administration refuse, il le prendra pour de la discrimination. Comment le motiver par la suite pour qu’il continue à servir correcte-ment ?
Pour M. Boussaid, qui a hérité de ce dossier, les choses sont claires : cette opération n’est pas destinée à arranger les fonctionnaires, non plus d’ailleurs à les déranger, elle s’inscrit tout simplement dans le cadre de la réforme de l’administration.