Les formalités d’exécution d’un testament

Mon père est très à¢gé mais reste lucide. Il ne souffre d’aucune maladie, sauf qu’il a du mal à  écrire parce que sa main tremble trop. Il souhaite faire un testament.
Quelle forme doit revêtir un testament pour qu’il soit valide ? Peut-il revenir sur son choix, une fois sa décision prise ?

Tout d’abord, je voudrais faire une précision : tout comme la succession, ou l’héritage, on ne peut parler de testament qu’une fois le décès survenu. C’est-à-dire que le document est un simple acte rédigé qui n’a de valeur juridique que lorsque son auteur est décédé. Je rappelle que le testateur a toujours la possibilité de revenir sur son choix et modifier, voire annuler, son testament.
Quant à la forme juridique, l’article 296 du code de la famille précise que pour qu’un testament soit valide, il faut qu’il fasse l’objet d’un acte adoulaire ou constaté par toute autorité officielle habilitée à dresser des actes, ou par un acte manuscrit, c’est-à-dire rédigé de la main du testateur et signé par lui-même, ce qui est difficile car vous avez souligné que votre père a du mal à écrire.
Mais dans le cas où il est dans l’impossibilité de s’exprimer par écrit, le législateur a prévu une forme beaucoup plus simple. Le testateur peut formuler sa décision au moyen de toute expression ou tout signe non équivoque, à condition de le faire devant des témoins présents sur les lieux, et à condition que l’enquête et l’instruction ne révèlent aucun motif de suspicion à l’encontre de leur témoignage.
Par ailleurs, il est requis que ce témoignage fasse l’objet d’une déposition le jour où elle peut être faite devant le juge qui autorise de l’instrumenter et qui en avise immédiatement les héritiers.
Enfin, le testateur peut également adresser une copie au juge de son testament, pour qu’il puisse ouvrir un dossier à cet effet.
Au cas où votre père arrive à rédiger son testament à la main, il faut qu’il contienne une clause autorisant son exécution.

Je travaille en Suisse où je souhaite contracter mariage. Que devrais-je faire pour que mon mariage soit également reconnu par la loi marocaine, car j’ai bien l’intention de rentrer au Maroc ?
 
Le code de la famille a traité cette question, dans l’article 14 et a permis aux Marocains résidents à l’étranger de contracter leur contrat de mariage conformément à la loi et aux formalités administratives locales, c’est-à-dire du pays où l’acte est conclu.
Néanmoins, il est important, pourvu que soient réunies les conditions du consentement, de la capacité, de la présence du tuteur matrimonial (wali), le cas échéant – car aujourd’hui, la femme peut se marier toute seule -, et qu’il n’y ait pas d’empêchements légaux ni d’entente sur la suppression du “sdaq” (la dot), et ce, en présence de deux témoins musulmans.
Ensuite, vous devriez déposer une copie de l’acte de mariage, dans un délai de trois mois courant à compter de la date de sa conclusion, aux services consulaires marocains du lieu où vous avez établi votre acte, à défaut une copie de l’acte de mariage est adressée dans le même délai au ministère chargé des affaires étrangères.