Sécurité routière au Maroc : Revitex, un spécialiste qui priorise le traitement personnalisé des véhicules

Avec ses 45 centres ralliés, la société réseau se dit actuellement capable d’exporter son expertise à d’autres pays d’Afrique ou même d’Europe.

Les accidents de la route demeurent une affaire nationale. Bien des efforts ont été déployés par les pouvoirs publics pour limiter, sinon venir à bout de ce phénomène. Hormis le facteur humain qui reste toujours difficile à maîtriser, l’attention des autorités de tutelle a été orientée vers le véhicule lui-même. Allusion faite à l’amélioration de l’état mécanique des véhicules. D’où l’importance du rôle des centres de visite technique. Ce secteur a connu une refonte de fond en comble, matérialisée par l’adoption en 2006 d’un nouveau cahier des charges en vue de réaménager les ressources des centres et donner plus de crédibilité et de transparence aux opérations de contrôle. L’objectif est de garantir la fiabilité et la sécurité du parc automobile. Dans ce sens, Said Ressouany, gérant de la société réseau des centres de visite technique Revitex (Réseau de visites techniques et d’expertise) assure que le secteur du contrôle technique est presque le seul de tout l’univers du transport routier qui a réalisé des avancées remarquables. «C’est désormais un secteur organisé, structuré et qui est apte à répondre même à des standards internationaux, à savoir la norme ISO 9001 et 17020», ajoute-t-il. Ce qui n’a pas été réalisé pendant 40 ans l’a été en 10 ans. D’ailleurs, le bureau international d’audit Veritas a mené une mission d’audit auprès de tous les CVT marocains, basé justement sur ces deux normes. Actuellement, 80% des non-conformités relevées dans ces centres par ce bureau ont été levées.

Priorité à la gestion du risque

Cette évolution est le fruit des efforts déployés aussi bien par le ministère de l’équipement et du transport que par le CNEH (Centre national d’essais et d’homologation) et l’ensemble des investisseurs propriétaires de CVT qui, grâce à leurs investissements financiers et leurs implications personnelles, ont pu relever le niveau du contrôle technique. Ne pas reconnaître ce progrès serait une injustice envers les professionnels du métier et l’administration elle-même (CNEH).

Revitex, qui a tiré profit de cet encadrement, se place en tant qu’acteur majeur dans l’amélioration et la modernisation des CVT. Cette société réseau ne possède pas des CVT en propre mais plutôt des centres qui lui sont ralliés ou actionnaires au terme de l’article 314 de la loi 52-05, au nombre de 45, implantés dans différentes régions du pays. Elle se dit actuellement capable même d’exporter son expertise à d’autres pays d’Afrique ou même d’Europe. Cette société fait de la gestion du risque et le traitement personnalisé des véhicules à haute vulnérabilité une priorité. En fait,  les ralliés sont encadrés selon leurs activités. Par exemple, les centres qui passent des véhicules servant au transport en commun, dits à haut risque, obéissent à des niveaux d’encadrement plus renforcés, par un examen «post-contrôle» au niveau des photos et des flux de mesures envoyées au réseau, justement pour repérer des failles ou des erreurs lors du contrôle du véhicule…

D’autant plus que tous les centres ralliés s’engagent à se faire auditer chaque année, aussi bien sur le volet technique qu’administratif avec pour but principal de maintenir le niveau de qualification du personnel des centres ralliés ou, le cas échéant, de combler leurs lacunes. Si au terme d’une mission d’audit technique, des insuffisances de savoir-faire sont décelées auprès d’un membre du personnel, une formation sous forme de modules de maintien de qualification annuel est dispensée. «C’est plus une levée de non-conformité du personnel et agents de contrôle qu’une formation au bout de laquelle nous délivrons un certificat», explique M. Ressouany.

L’audit administratif, lui, consiste en la vérification du suivi du système de management de qualité SMQ, et la conformité de la gestion du centre à la réglementation en vigueur. Ces audits permettent de mieux encadrer les ralliés afin de maintenir la mise à niveau déjà exécutée par le CNEH et d’éviter la fermeture de leurs centres pour non-conformité grave.

Par ailleurs, le système de gestion informatique des centres de contrôle technique ralliés est le cheval de bataille de Revitex. C’est un système très stable, et, depuis 2013, des améliorations lui sont apportées, en collaboration avec le CNEH, pour avertir nos ralliés sur des pratiques douteuses ou non autorisées. «Nous saluons à cette occasion les efforts déployés par le CNEH et l’importance qu’il accorde au développement des systèmes informatiques des réseaux. D’ici à fin juin de cette année, notre système informatique de réseau devra recevoir les informations des contrôles techniques en temps réel. Ces informations seraient transmises au CNEH instantanément», assure notre source.

Reste un volet important à mettre à niveau : les équipements de base. Dans son rapport d’audit, le bureau Veritas a conclu que 20% des anomalies relevées dans les CVT concernent justement les équipements. «Il est temps que les équipements de mesure soient réglementés par le ministère et obéissent à un cahier des charges spécifique, tout comme la constitution des CVT», indique M. Ressouany. Enfin, il ne faut pas oublier que le contrôle technique n’a pas trait seulement à la sécurité routière, mais aussi à la protection de l’environnement, dont le Maroc a pris des engagements lors de la COP21 organisée en France. Le réseau Revitex a pris l’initiative d’améliorer l’encadrement de ses ralliés en matière de contrôle de pollution des véhicules automobiles, notamment lors des prises de mesures d’opacités et de teneurs des émissions des gaz CO lors des contrôles.  Un courrier a été déjà adressé au CNEH à ce sujet.

«En fait, suite à une étude menée par nos services, il s’est avéré que le taux des contrôles défavorables des véhicules à cause de la pollution ne dépasse pas 6% du total des véhicules défavorables pour l’année 2015. Et Revitex  vise à ramener ce taux à 10%  du total des véhicules défavorables pour l’année 2016», conclut M.Ressouany.