Sécurité routière au Maroc : Entretien avec Frédéric Banco, Directeur Général de ALD Automotive

«Nous contribuons à la mise en place de plans de prévention contre les accidents de la route»

En tant qu’acteur dans la location longue durée des véhicules, sensibilisez-vous vos clients aux accidents de la route ?

Bien sûr. Nous menons plusieurs actions de sensibilisation à la demande de certains de nos clients. Nous contribuons de ce fait à la mise en place de plans de prévention contre les accidents de la route, sachant que nous avons un parc de près de 8300 véhicules, représentant 450 clients, tous assurés en tous risques.

La 1ère action mise en place par ALD Automotive consiste à proposer avec le support de notre courtier «Gras Savoye» et notre assureur Saham Assurance des séances de formation  aux conducteurs pour la prévention des risques routiers. Parallèlement (2e action), nous envoyons mensuellement à chacun de nos clients l’état de leur flotte et sa sinistralité.  Dans ce reporting, nous répertorions l’ensemble des sinistres sur une période donnée, en déclinant les sinistres responsables et non responsables ou fortuits, leur périodicité… De cette manière, nous contribuons à ce que nos clients prennent les mesures nécessaires vis-à-vis des conducteurs.

Il est à noter que nous ne mettons en route que des véhicules neufs. En outre, ils sont entretenus en tenant compte des préconisations constructeurs, à savoir des révisions tous les 10 000 km, le changement des pneus dès constatation de l’usure, des plaquettes de freins….  Notre rôle est d’assurer que le véhicule est toujours en parfait état de marche et que tous les niveaux de sécurité sont respectés. D’ailleurs, l’approche de ALD Automotive se veut objective : un véhicule bien entretenu limite les risques de défaillances techniques et donc les accidents de la route dus à un problème de sécurité sur le véhicule.

Enfin, les véhicules mis en circulation ne peuvent pas être loués pour une période de plus de 5 ans. A terme, les voitures sont cédées sur le marché. Aussi, le contrat moyen de location d’un véhicule est de 42 mois.

Ces actions ont-elles permis de réduire le taux de déperdition global de votre flotte ?

Nous analysons régulièrement le rapport entre les sinistres et les primes de nos clients pour ainsi mesurer le taux de déperdition de notre parc de véhicules. Nous le mesurons également à travers le taux d’épaves. Par exemple, en 2015, 85 véhicules sur les 8200 mis en route ont été déclarés épaves, soit 1% seulement de notre parc. Et c’est justement notre politique de prévention qui a permis de limiter le nombre d’accidents. Au courant de notre activité, nous avons noté une amélioration de ce taux. En 2013, avec une flotte qui comptait 6400 véhicules, le taux d’épaves se situait aux alentours de 1,5%.

Il faut dire qu’aujourd’hui on a tendance à penser que l’ensemble des systèmes qui ont été mis sur les véhicules, même les plus sophistiqués comme l’ABS, ESP,  les airbags… nous dédouanent du respect d’un certain nombre de règles. Or, c’est le respect du code de la route et des règles de bonne conduite qui restent l’élément primordial de limitation des accidents et c’est justement le message que nous voulons passer.

Quel bilan d’activité faites-vous pour l’année 2015 ?

Les comptes définitifs ne sont pas encore arrêtés et donc les chiffres officiels ne sont pas encore disponibles. Cela dit, nous avons clôturé l’année avec 8220 véhicules sachant qu’on l’a démarré avec 7200, soit près de 1000 voitures supplémentaires, ou une hausse de 14%. Cette croissance a été portée par l’ensemble de nos clients, qu’ils soient des PME, des grands groupes privés ou des offices.

Le marché de la LLD a été dynamique, tout comme le marché automobile qui, avec plus de 130 000 immatriculations, a progressé de 8%.

L’année 2015 a été marquée également par une activité de vente des véhicules d’occasion assez soutenue avec des ventes de près de 2000 voitures d’occasion.  Notre chiffre d’affaires est ventilé à hauteur de 70% par les revenus de notre activité LLD et 30 % des ventes de véhicules d’occasion.

Vous avez lancé récemment la location deux-roues. Comment se porte cette branche d’activité ?

En lançant cette activité, en mars 2015, notre objectif n’était pas de devenir un spécialiste de la location des deux-roues ; mais plutôt d’apporter une solution de mobilité supplémentaire, à la demande de nos clients. Nous disposons actuellement d’une centaine de motos et nous développons cette activité en suivant la demande qui émane de nos clients.

Quelles sont vos perspectives pour l’année 2016 ?

Nous sommes assez optimistes même si des difficultés persistent dans le paysage économique. Ceci nous affecte surtout en matière des délais de paiement de certains de nos clients. Toujours est-il que nous prévoyons une croissance du parc en 2016 de l’ordre de 5 à 6%. Ce qui devrait conforter notre position de leader sur le marché de la location longue durée au Maroc.