Sondage. L’efficacité des systèmes de retraite remise en question

Les systèmes de retraite de base n’ont pas bonne presse. La majorité des sondés les jugent inadaptés. Les jeunes, les personnes âgées de 25 à 34 ans et les chefs d’entreprises sont les plus sévères.


Quand on parle de réforme des régimes de retraite, très peu sont ceux qui approuvent spontanément. La peur qu’un éventuel changement pourrait remettre en cause les acquis? Peut-être. Pourtant, sur la foi du sondage effectué par le cabinet VQ en partenariat avec La Vie éco, 86% des sondés sont d’accord sur le fait que les systèmes de retraite en place au Maroc sont inadaptés au monde d’aujourd’hui. Pour 69% de l’échantillon, ils sont compliqués et 46% considèrent que les fonctionnaires sont les mieux servis. Les femmes (89%), les personnes âgées de 25 à 34 ans (92%) et les chefs d’entreprises (94%) sont les plus sévères. Le niveau de satisfaction est donc en deçà du tiers. Il est évident que les motifs du rejet diffèrent selon l’âge, le genre et la catégorie socioprofessionnelle. Etant très souvent moins bien rémunérées que les hommes, les femmes se retrouvent forcément, à compétence et durée de service égales, avec une pension plus faible. On présume qu’un système de bonification qui tienne compte de leur situation de salariée et de gérante serait bien accueilli.

Systèmes incomplets

A propos des jeunes, l’hypothèse est qu’ils appréhendent le futur à la lumière du débat sur la pérennité des régimes de base. Quant aux patrons, ils mettent l’accent sur l’âge du départ à la retraite qu’ils voudraient plus élevés. Cela vaut particulièrement pour le privé, étant entendu que dans le cadre de la réforme de la CMR, l’âge de départ à la retraite des fonctionnaires est repoussé de 60 à 63 ans. C’est un processus graduel étalé sur 6 ans à compter de 2017. Pour chaque année, une tranche de six mois sera ajoutée au temps d’activité. De manière générale, les sondés estiment que les systèmes sont incomplets (63%), peu variés (60% et peu rassurants (66%). D’où donc la nécessité de réformer et de mettre en évidence les avancées par rapport à l’existant. C’est nécessaire et même indispensable, tant les points forts identifiés sont modiques. A ce niveau, le sondage est focalisé sur le régime des employés du privé. C’est ainsi que pour la CNSS, le plafond de cotisation est le point le plus décrié (18%), tandis que la faiblesse des pensions est mise en avant pour ce qui est de la CIMR (4,5%).

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