Etat des lieux – Les entreprises plus conscientes du retour sur investissement de la RSE

La Responsabilité sociétale des entreprises est désormais perçue comme un vecteur de performance. Sensibles à cette réalité, les sociétés prennent en compte, de façon volontaire, les enjeux environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans le cadre de leurs activités.

Fini l’effet de mode ! La Responsabilité sociétale et environnementale (RSE) est aujourd’hui perçue comme une nécessité, un vecteur de performance et un moyen pour gagner la confiance des parties prenantes et partenaires. Ce changement de vision dans l’engagement sociétal des entreprises a été en grande partie opéré par la pandémie. Début 2020, alors que la quasi-totalité des opérateurs ont été obligés de cesser leurs activités en raison des fermetures, plusieurs d’entre eux ont consacré leurs efforts pour des opérations d’intérêt général et pour servir les populations. Passée la crise sanitaire et son élan solidaire, aujourd’hui, les opérateurs prennent conscience du fait que l’investissement dans l’engagement sociétal, social et environnemental est rentable sur le moyen et long terme. C’est clair: Les entreprises les plus performantes ne sont plus celles qui font la meilleure rentabilité financière, mais celles qui ont, aussi, le plus d’impact positif et le moins d’effet négatif sur la société et l’environnement. Désormais, sensibles à cette réalité, les entreprises prennent en compte sur base volontaire, les enjeux, environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans le cadre de leurs activités. Droits de l’homme, gouvernance d’entreprise, santé et sécurité, effets sur l’environnement, protection des ressources, conditions de travail, contribution au développement économique et social des communautés, etc., leur engagement sur la voie de la RSE les pousse à considérer sous un nouvel œil tous ces domaines.

7 volets principaux pour être «socialement responsable»

Cela dit, il existe encore des dirigeants qui ne donnent aucun intérêt à l’engagement sociétal ou environnemental ou à toute prise en considération des attentes des autres parties prenantes de l’entreprise (au-delà des salariés). Pour une partie de ces opérateurs, la conformité légale est, en soi, considérée comme une forme de responsabilité sociale. Il faut dire que le degré d’exigence de leurs marchés domestiques et partenaires sociaux locaux qui sont très peu regardants sur les questions de responsabilité sociale ne les encourage pas à adopter une démarche RSE.
En effet, quelle que soit la portée du concept, l’objectif central est d’encourager les entreprises à être, au-delà de leurs obligations économiques et légales, plus conscientes de l’impact de leurs activités sur les populations, la société et l’environnement. Ceci a des coûts mais par des gains et surtout des économies (éviter des dépenses si les outils de RSE n’étaient pas mis en place). A ce titre, la dimension économique n’apparaît pas comme une question centrale car elle est considérée comme transversale et devant être intégrée dans chacune des sept volets que renferme la responsabilité sociétale. Néanmoins, lors de la mise en œuvre de la stratégie RSE et du déploiement de ses outils, les moyens financiers propres à chaque organisation déterminent la priorité des actions à mettre en œuvre. Plus concrètement, pour définir le périmètre de leur responsabilité sociétale, c’est la norme ISO 26000 qui résume l’engagement RSE des entreprises. Pour ce faire, elle invite les organisations à articuler leur démarche autour de sept questions centrales: la gouvernance de l’organisation, les droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, les loyautés des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, les communautés et développement local. Ces questions centrales visent à identifier les domaines d’actions pertinents sur lesquels l’organisation va pouvoir se baser pour fixer ses priorités et mettre en place ses propres actions.
Sur le terrain, plusieurs outils sont aujourd’hui déployés par les entreprises marocaines pour mener leurs politiques RSE: politiques et plans RSE, code de conduite, chartes et labels RSE, charte éthique, normes de management environnemental & qualité, modes de communication des actions et résultats et démarches RSE, etc.
Dans le même ordre d’idées, les normes de système de management type ISO 14001 (Système de Management Environnemental), ISO 9001 (Système de Management de la Qualité) sont complémentaires et compatibles avec la mise en place de la RSE. Norme de recommandation, l’ISO 26000 permet d’alimenter la réflexion stratégique des organisations. Elle se situe donc plus en amont et peut conduire par exemple à engager une démarche ISO 9001 pour optimiser la relation client ou une démarche ISO 14001 pour organiser et crédibiliser la prise en compte de l’environnement dans le fonctionnement de l’organisation. Il en va de même pour les outils tels que les écolabels, le bilan carbone… qui, eux, apportent des réponses méthodologiques, opérationnelles ou de reconnaissance sur certains aspects de la mise en œuvre de la norme ISO 26000 (voir focus).

ZOOM

La CGEM travaille pour renforcer les capacités des entreprises en RSE

La Confédération patronale vient de lancer le 2e programme de renforcement des capacités des entreprises en responsabilité sociétale et environnementale (RSE) avec la participation de plus de vingt entreprises marocaines. Cette édition s’est focalisée principalement sur l’impact des chaînes de valeur sur la justice économique et les conditions humaines. Ce programme a constitué un espace ouvert d’échange d’expérience et d’apprentissage en matière de RSE et de développement durable. L’objectif est de vulgariser les différentes méthodologies que les entreprises peuvent mettre en pratique pour leur engagement sociétal et environnemental. Pour les opérateurs ayant participé à cette édition, l’occasion a été donnée pour identifier les risques environnementaux et en droits humains ainsi que les opportunités découlant de la politique RSE au sein de leurs entreprises respectives.

FOCUS

ISO 26 000, norme internationale

ISO 26000 est l’unique norme internationale qui vise à fournir aux organisations les lignes directrices de la responsabilité sociétale (RSE). Elle décrit les principes et thèmes que recouvre la responsabilité sociétale et détaille la méthode d’appropriation et de mise en œuvre dans une organisation. Elle donne un cadre international de comportement à tout type d’organisation (entreprises, collectivités, ONG,…) quelle que soit sa taille, ses domaines d’actions. La norme ISO 26000 respecte les grands textes fondateurs internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les conventions de l’Organisation internationale du travail.