Définir les enjeux stratégiques et les partenaires, clé de la démarche RSE

L’ISO 26 000 recommande fortement de dialoguer avec les parties prenantes. L’objectif est de définir les priorités de l’organisation en croisant les enjeux avec les attentes des partenaires.

Le déploiement de la démarche RSE dans toute organisation démarre toujours avec un diagnostic. L’objectif est de voir le degré de maturité de l’entreprise en matière de RSE et avoir une idée sur les acteurs internes et externes en lien avec son activité.
Une fois le diagnostic fait, le management de l’entreprise aura à définir ses priorités de RSE parmi tous les axes et domaines d’actions. A ce titre, deux éléments sont à considérer pour hiérarchiser les priorités : les enjeux stratégiques de l’entreprise et les parties prenantes. Il faut donc s’interroger sur les enjeux liés aux domaines de la RSE (social, environnemental et économique), tout en impliquant les parties prenantes internes et externes dans la construction de la démarche. D’ailleurs, l’ISO 26 000 recommande fortement de dialoguer avec les parties prenantes, au-delà d’une simple écoute. Il s’agit alors de définir ses priorités en croisant les enjeux avec les attentes des parties prenantes. Cette démarche est appelée «analyse de la matérialité». Cette étape est cruciale pour la tenue de la démarche.
Après viendra la concrétisation des actions sur un schéma définissant le temps, l’espace et la consistance des actions RSE. Enfin, le management gagnera à retenir une méthodologie de reporting pour le suivi et l’évaluation. L’objectif est de pouvoir apporter les correctifs et rectifier les écarts. Dans ce sens, il est question depuis quelques années de développer un instrument de mesure de la RSE au Maroc. Les spécialistes et les universitaires qui travaillent sous la houlette de l’Observatoire de la RSE ont formulé l’idée de créer un baromètre dont les résultats seraient d’une fréquence annuelle. Visiblement, la tâche est ardue, puisque l’engagement RSE n’est pas mesurable de manière purement quantitative. Aussi, chaque entreprise s’y prend avec sa manière, sa politique et ses objectifs. Les démarches RSE ne sont pas adoptées de la même manière dans toutes les entreprises, dans tous les secteurs et au niveau national. Chaque entreprise a une démarche RSE qui lui est propre et il n’y a pas de standardisation. C’est pour cela que les spécialistes préfèrent parler d’évaluation que de résultat. D’ailleurs, l’ISO 26 000 n’est pas une norme qui se prête à la certification ( non certifiable), qui reste loin de la logique de conformité. D’où le besoin d’intégrer les volets quantitatif et qualitatif dans l’évaluation pour arriver à un baromètre le plus fidèle à la réalité des pratiques des entreprises sur ce registre.

ZOOM

L’engagement RSE, entre l’explicite et l’implicite

A l’international, la RSE est adoptée à travers deux «modes de diffusion». D’une part, la RSE explicite, comme notamment en Amérique du Nord, implique des entreprises leaders qui montrent l’exemple, sans réelles contraintes institutionnelles. D’autre part, la RSE implicite, qui existe surtout en Europe, suppose des institutions fortes, beaucoup de réglementations et d’incitations qui amènent les entreprises à s’engager. Au Maroc, nous nous situons entre les deux : il existe des institutions très fortes et des réglementations lourdes, mais peu respectées, ainsi que de grandes entreprises qui s’engagent au-delà de la loi, sous l’impulsion de leur dirigeant ou par effet de mode en imitant les opérateurs de leur secteur.