Brexit: la Banque d'Angleterre presse l'UE d'agir pour réduire le risque financier
9 October 2018
AFP
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Brexit: la Banque d'Angleterre presse l'UE d'agir pour réduire le risque financier

La Banque d'Angleterre a appelé mardi l'Union européenne à mieux préparer ses services financiers à l'hypothèse d'un Brexit sans accord entre Londres et Bruxelles, jugeant que l'UE créait de "l'incertitude" pour l'avenir des chambres de compensation.

La Banque d'Angleterre a appelé mardi l'Union européenne à mieux préparer ses services financiers à l'hypothèse d'un Brexit sans accord entre Londres et Bruxelles, jugeant que l'UE créait de "l'incertitude" pour l'avenir des chambres de compensation.

Les chambres de compensation constituent des rouages incontournables de la finance: elles s'intercalent entre un vendeur et un acheteur pour sécuriser une transaction, participant ainsi à la stabilité du système financier.

Or, d'après la Banque d'Angleterre (BoE) "le temps presse" pour que l'UE agisse pour garantir la continuité des échanges financiers entre le Royaume-Uni et le continent après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, au cas où le départ britannique s'effectuerait sans accord entre Londres et Bruxelles.

"Il y a eu des progrès considérables du Royaume-Uni pour se préparer à ces risques" de perturbations en cas de sortie abrupte, a jugé la BoE, "mais seulement peu d'avancée du côté de l'UE", a-t-elle statué dans un communiqué de son Comité de politique financière publié mardi.

Dans le détail, la BoE pointe la question de l'activité de compensation. Pour le moment, la majeure partie des produits dérivés libellés en euros sont compensés à Londres. Or, avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue pour le 29 mars 2019, les Européens veulent avoir leur mot à dire sur la supervision de ces activités, ce qui entraîne des tensions des deux côtés de la Manche.

"Le gouvernement britannique a présenté une loi qui va permettre aux familles et aux entreprises de pouvoir continuer d'accéder aux services financiers proposés par les entreprises européennes", a approuvé la BoE.

Mais l'institut d'émission a regretté l'absence d'un pareil empressement du côté du reste de l'UE. "En l'absence d'action de la part des autorités européennes, les règles actuelles créent une incertitude légale (...) quant aux conséquences pour les chambres de compensation britanniques de continuer d'assurer leurs services dans l'UE", a souligné la BoE, pour qui les clients de ces services au sein de l'UE, comme les banques, pourraient en souffrir.

Elle a calculé que l'équivalent de 69.000 milliards de livres d'engagements financiers que des sociétés européennes ont passé via des chambres de compensation britanniques devraient être transférés à des chambres européennes ou interrompus d'ici à la fin mars 2019, en cas d'absence d'accord politique entre Londres et Bruxelles.

Le gouvernement britannique et les autorités européennes peinent à s'entendre sur les conditions de la sortie du Royaume-Uni, et à défaut d'accord le Brexit pourrait être abrupt dans moins de six mois.