Zank’art : le théà¢tre est de sortie

Du 11 au 13 avril, Casablanca est prise d’assaut par des compagnies de théà¢tre de rue qui promettent de bousculer la circulation habituelle des passants de la métropole dans le cadre du Festival Zank’art.

Le festival Zank’art est de retour dans le Grand Casablanca. Après une première édition en octobre 2012, l’événement revient pour transformer le quotidien des Casablancais et animer l’espace public, ce domaine négligé.

Zank’art a choisi quatre lieux pour les différents spectacles : Place Rachidi, Place des Nations Unies, le Théâtre 121 et la Direction régionale du ministère de la culture, «un espace méconnu de la majorité des Casablancais», dira Imad Fijaj, président du festival et metteur en scène de la Compagnie Terminus des arts, organisatrice de l’événement.

Aux côtés de la compagnie organisatrice, des troupes du Maroc, d’Espagne et de France vont se relayer sur les scènes du festival pour surprendre et interpeller les passants, en les amenant à rêver dans un cadre tellement habituel qu’il n’inspire plus rien.

Sur ces quatre scènes, les différentes compagnies participantes vont utiliser le décor habituel pour jouer leurs spectacles, en incluant dans leur prestation les impulsions du public casablancais. L’improvisation aura donc toute sa place lors des trois jours du festival qui promet de transformer la ville en vaste plateau où le public joue un rôle primordial.

«Le Maroc a besoin d’une impulsion culturelle en général, mais Casablanca en particulier a besoin de théâtre de rue. Les Casablancais n’ont plus l’habitude de la beauté, de l’art. L’espace qu’ils partagent est gris, sale et sans poésie aucune», argumente Imad Fijaj pour expliquer la démarche de sa compagnie. Et d’ajouter : «Une ville n’est pas uniquement définie par son architecture et son urbanisme. Une ville a besoin d’avoir une âme et seuls l’art et la culture peuvent rendre cela possible».

De belles intentions qui se trouvent souvent confrontées à des difficultés de tout ordre. «Les démarches pour les demandes d’autorisation ont été plutôt faciles cette année, contrairement à la première édition où des responsables de la réglementation des libertés publiques ne semblaient pas très enthousiastes à l’idée d’un festival de rue», informe Imad Fijaj. Les obstacles financiers, par contre, ont été difficilement jugulés. À signaler que le festival a pris plusieurs mois de retard par rapport à l’édition précédente. «Il n’est toujours pas évident de convaincre les sponsors pour ce genre d’événements. Nous avons dû faire face à des réticences et attendre, parfois, le changement des interlocuteurs pour y arriver», ajoute le président du festival. Que d’embûches qui ne peuvent que rendre meilleure la deuxième édition de Zank’art. Ne vous en privez pas !