Une Lillian Boutté de toute beauté

L’hommage à  Louis Armstrong a été l’un des plus beaux moments du Tanjazz 2014. La chanteuse américaine Lillian Boutté, accompagnée par les Satchmo Gumbo, a divinement revisité le répertoire du mythique show-man.

Elle est revenue ! La Mamie la plus chouette, la plus remuante et jazzy de la terre… J’ai nommé Lillian Boutté ! Soixante-cinq ans et toutes ses dents, luisantes de gaieté, toute sa verve aussi, inchangée. En 2011, cet impressionnant petit bout de femme avait déjà fait se trémousser tout le parterre transi de la grande scène du Tanjazz, sur des airs somptueux tout droit venus de la Nouvelle-Orléans. Accompagnée par Les Gigolos, une brochette de mâles musiciens au talent et à l’humour irrésistibles, la diva avait mis les Tangérois en joie, en émoi, et remisé leurs soucis au placard.
Cette année encore, la bonne humeur était au rendez-vous, lors d’une soirée endiablée, dédiée au grand Louis Armstrong. Pour la réussir, deux conditions étaient nécessaires, d’après Philippe Lorin, le fondateur et président du festival : d’excellents musiciens mais aussi des caractères bien trempés. L’Américaine Lillian n’en manque pas, elle qui a remporté, dès l’âge de onze ans, sa première compétition musicale. Elle qui a été nommée en 1985 deuxième ambassadrice musicale de la Nouvelle Orléans après le légendaire Armstrong himself, elle qui, depuis, roule magistralement sa bosse dans le milieu, sans jamais se départir d’une miette de vitalité.
Samedi 13 septembre, malgré une sonorisation maintes fois problématique, la charismatique chanteuse a encore enchanté son public. Dignement accompagnée par les Satchmo Gumbo, un groupe franco-australien de cinq musiciens, mené par l’excellent trompettiste français Jérôme Etcheberry, elle a ravivé la mémoire de Louis Armstrong en interprétant, avec une émotion rare, What a wonderful world, Oh when the saints ou encore La Vie en rose. Un des plus beaux moments du festival.
Cette année, le Tanjazz a été quelque peu dépassé par son succès, lors de la soirée du samedi 13 septembre surtout, durant laquelle l’affluence a été tellement considérable qu’il a fallu bloquer momentanément l’accès au palais des institutions italiennes, provoquant la colère de festivaliers, venus nombreux de Casablanca et Rabat, qui n’ont pas pu se procurer de tickets sur place. Un désagrément pour lequel l’équipe du festival s’est excusée, affirmant que «la mise en place d’un point de vente à Casablanca était à l’étude», pour éviter ce genre de pépins. À part ça, la quinzième édition du Tanjazz, dédiée aux légendes d’hier et de demain, a été un joli succès. Quatre soirées délectables, à remettre au plus vite !