Un Marocain à  Paris (et) est un navet à  l’affiche

«Un Marocain à  Paris», la dernière production de Saïd Naciri, grince, grince, grince, mais ne fait rire personne !

Des extraterrestres griffés, smart phones dernière génération en main, des parents qui taisent leurs trois enfants légèrement bruyants, un couple taciturne, fin de semaine oblige… C’est un joli public hétéroclite qui s’est retrouvé pour un film qui fait (amère) sensation : Un Marocain à Paris, la dernière production de Saïd Naciri. C’est vide de tout préjugé et l’esprit très ouvert au 7e art que j’arrive en salle, à l’affût d’une moindre tournure de phrase, jeu de mots, réplique piquante qui causerait un plissement de lèvres, une grimace optimiste et, au mieux, un sourire. Dès les premiers plans, de grands éclats de rire ont résonné. Mais le film n’avait pas encore commencé. A l’écran, une pub de télécoms !
Pour ce film, Saïd Naciri a refait des siennes en mettant le paquet (et quel paquet !) prônant magistralement la tolérance dans une société qui en manquerait (l’homosexualité, thème abordé au détour d’une scène, quelle générosité !). Et quelle a été la surprise en découvrant le scénario, que ne laissait présager ni l’affiche (voir photo !) ni le titre (version française ET darija, s’il vous plaît !). C’est l’histoire d’un Marocain rêvant de liberté qui immigre (clandestinement bien sûr) à Paris, où il fait une rencontre fortuite avec Attila (lui-même, et que l’Histoire pardonne cet emprunt !), un mafieux au crâne rasé (évidemment) et vit pleins de péripéties : de l’action, de la romance, et tellement d’erreurs de cohérence. Du réchauffé ? Du désuet ? Du déjà revu ? Mais non, ne soyons pas de mauvaise foi ! Pour justifier les 2 millions d’euros de budget, un parterre de stars surprenant : Francis Lalanne (ne pouffez pas de rire !) en méchant gangster italien, à qui on décerne la palme de l’accent italien le plus ridicule du cinéma, Jean-Pierre Castaldi en parrain juif paternaliste et naïf, Jean Marie Bigard en (juste) méchant flic, …
Et pas de Marocains, excepté Saïd Naciri dans le rôle principal. L’humour ? Ce n’est finalement pas son fort. Le tout est parsemé de préjugés grinçants, pas de burlesque, juste du ridicule (le commissaire dans son 4×4 et la parisienne blonde dans sa coccinelle).  
Comme un coup de cymbales discordant au début d’un récital de musique classique, le film de Saïd Naciri fait tache !
Dans le genre qu’aucun produit de lessive ne peut décoller ! Comme dernière défense, on sort la carte du «film populaire». Populaire ?! Parce que le peuple est si crédule ?! Alors à part peut être le public des nanars Awards, personne ne rit. Et même pour ça, il serait oiseux de lui offrir un plébiscite ! Message adressé à Naciri,  dixit Milan Kundera : «Personne ne va rire» ! Et on est gentil…