Tout ce que vous ignorez sur le Maroc saharien

Vient de paraître aux éditions Malika jeunesse, l’ouvrage «Le Maroc saharien au fil du temps» de Docteure Rita Aouad. Un excellent ouvrage pour jeter la lumière sur un pan méconnu de l’histoire de cette région du Maroc.

Le Maroc saharien au fil du temps est un ouvrage signé Rita Aouad, paru aux éditions Malika jeunesse en partenariat avec l’Agence du Sud. Un très beau volume, destiné au jeune public, qui ne manquera pas d’enchanter le lectorat adulte.

Le travail a été soigneusement étayé et illustré en dessins de Guillaume Reynard et en cartes, en brochures de presse ou/et photos récupérées chez l’Agence du Sud, les archives du ministère des affaires étrangères et plusieurs éditeurs et personnalités connus de la région, dont l’architecte et militante pour le patrimoine Salima Naji.

Un devoir de transmission

Le Maroc saharien a longtemps souffert d’un déficit de publications grand public. Fait qui explique l’abyssale méconnaissance générale chez les Marocains de cette région du Maroc et par conséquent une certaine forme d’indifférence, en dehors des soubresauts nationalistes non argumentés. Aussi, l’ouvrage renferme une mine d’informations, à savoir au sujet du patrimoine de la région, depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, en passant par la période anté et post-coloniale. C’est en connaissance de cause que Rita Aouad s’est livrée à cette tâche. Docteure en histoire de l’Université de Provence, elle a consacré ses recherches académiques aux relations entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne au début de la période coloniale. Les enjeux de la transmission de l’histoire au/et du Maroc ont toujours occupé une place de choix dans son travail d’enseignante. D’ailleurs, Rita Aouad n’en est pas à ses premiers essais de vulgarisation scientifique à l’adresse du jeune public, puisqu’elle est également auteure de manuels scolaires d’histoire du Maroc. Mission accomplie avec cet ouvrage qui parcourt l’histoire du Maroc saharien, de façon sérieuse, mais ludique et facile à assimiler.

Découvertes

Saviez-vous que le Sahara marocain était un musée préhistorique à ciel ouvert? C’est ce que semblent transmettre les pierres tatouées du Sahara vert et les écritures anciennes encore difficiles à déchiffrer. Les nécropoles et les cimetières témoignent également de pratiques religieuses encore mystérieuses, coexistant avec des pierres tombales juives remontant au Ier siècle Av. J.C. À l’heure de l’Islam, où l’empire Almoravide allait du Mali à l’Espagne, le livre nous renseigne sur les anciennes villes de prestige, les origines de la langue Hassannya ou encore des saints d’Assam ou de la Saqia.

L’irruption européenne est également décrite au moyen de cartographies et d’extraits d’ouvrages citant des villes sahariennes avec des appellations étrangères : Tagaost, Santa Cruz…

Thématique chère à l’auteure, les relations entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne occupent un espace de l’ouvrage. Elle y décrit les routes transsahariennes, les caravanes, la circulation des marchandises, la présence marocaine à Tombouctou…

Dès le XIXe siècle, des naufragés et des explorateurs, commentant leurs périples sahariens, sont suivis de près par la conquête coloniale. Le grand public apprendra grâce à ce livre la durée de l’occupation, les régions sous domination française ou espagnole et les étapes de la décolonisation qui s’est achevée quatre années après la Marche Verte…

Le «Maroc Saharien en mouvement» est ce chapitre qui décrit les villes sahariennes d’aujourd’hui, le nomadisme et le cheptel saharien en chiffres. Sans oublier le patrimoine à sauvegarder, que ce soit la mosquée de la Saqia Al Hamra, le ksar d’Assa ou le minaret de la casbah d’Agadir Amghar, pour lesquels de grands efforts sont déployés par l’État et certaines ONG.