Timitar, quatre jours et pas moins de 750 000 spectateurs

La douzième édition du Festival Timitar, Signes et cultures, s’est achevée samedi
26 juillet, faisant le bonheur de milliers de festivaliers. 200 000 spectateurs au seul concert de clôture, avec en affiche la Libanaise Diana Haddad et la star marocaine Zina Daoudia.

La programmation de la douzième édition de «Timitar, Signes et cultures» n’a pas manqué d’originalité. En effet, le festival a reçu un ministre chanteur et plusieurs artistes connus pour leurs chants engagés.

Un officiel et quelques rebelles

Ministre de la culture au Cap Vert, Mario Lucio, refusait jusque-là de se produire tant qu’il occupe son poste. Une décision hautement éthique pour Mario Lucio qui ne se voit pas toucher un cachet, alors qu’il est «chargé d’une mission politique et diplomatique. C’est aussi une manière de promouvoir d’autres voix, moins connues, mais combien talentueuses, du Cap Vert». L’exception qu’il fait, en acceptant de se produire à Timitar, est d’abord due à l’importance que revêt le Maroc, en tant qu’allié du Cap Vert pendant sa lutte pour l’indépendance. En outre, Mario Lucio affirme que la musique capverdienne est riche en sonorités du monde, dont les rythmes amazighes dont il s’est inspiré pour certaines de ses chansons. 

Bachar Khalifé, digne héritier du grand artiste Marcel Khalifé, est multi-instrumentaliste, poète rebelle et anti-conformiste exilé en France. Lauréat de prestigieux conservatoires européens et prédestiné à une carrière de chef d’orchestre, Bachar Khalifé fait faux bond à la musique classique pour céder à l’attraction de la création contemporaine. Il prend alors son envol en solo et fait fusionner les genres avec brio. Il partage la scène avec Mario Lucio au Théâtre de verdure.

Les stars montantes de l’afro-beat se sont rassemblées sur la Place Bijawane pour déclamer les chansons de leur album Dignitiy and freedom. Freedonia Soul c’est un groupe de dix musiciens qui ont la pêche, dont la chanteuse magnifie de sa voix chaude et profonde le texte engagé. Ils sont montés sur la Place Bijawane, un jour avant les talentueux N3erdistan, dont le titre Tafa7a lkayl a enflammé les spectateurs. 

Imazighen en force

Don bigg, connu lui aussi pour ses textes tranchants, a fait vibrer la scène de Bijawane. Quelques milliers de jeunes reprenaient ses différents tubes, tels que Byad ou Kehal. De quoi gonfler un ego, si besoin est… 

Le rappeur a présenté des titres de son album Talet dont il a signé des exemplaires la veille de son passage. 

Pour Hindi Zahra, la chanson amazighe est en perpétuel renouvellement. C’est pour cela qu’il n’y a pas, à son avis, de transformation tangible. Durant la conférence de presse, l’artiste a défendu le Festival Timitar et son rôle dans la promotion de l’art amazigh et des jeunes talents. Elle partage la scène plus tard avec… Abdellaziz Stati. Un clin d’œil de la direction artistique qui veille à «enrichir les expériences et à mélanger les genres, pour davantage d’ouverture»

Mais Timitar c’est avant tout la fête des rwayss. Ainsi, chaque soir la Place Al Amal a reçu un show Ahwach, avant d’accueillir Rayssa Tihihit, Rayss Outajajt, le groupe Lajwad ou Aït Laati. Les spectacles ont mis en avant les grands noms de la chansons amazighe, aux côtés des stars invitées. Une façon de valoriser la musique locale, contrairement à ce qu’on peut constater dans d’autres festivals.

Bijawane, qui est la scène jeune par excellence, a également vu défiler des groupes amazighs. Le public a dansé aux rythmes du groupe Imdyazen, ainsi qu’aux sons de l’artiste Brahim Asli. Les groupes Ikabaren et Noujoum Achtouken ont animé la dernière soirée de la place, aux côtés de Don Bigg et N3erdistan. Le Théâtre de verdure quant à lui a reçu Inerzaf Biznkad qui s’est frotté aux influences internationales aux côtés desquelles il s’est produit.