Timitar : les musiques qu’on aime et plus

Pour sa onzième année, le Festival Timitar Signes et Cultures s’offre le meilleur des musiques traditionnelles et actuelles. Jusqu’au 21 juin, les cinq continents sont à  Agadir pour une fête des sens, des couleurs et des sonorités amazighes et du monde.

Après Rabat et Essaouira, la fièvre festivalière s’empare d’Agadir et y embrase les foules sentimentales. Au menu de la grand-messe musicale du Souss, comme chaque année, des musiques de tous bords et pour tous les publics, à commencer par un répertoire traditionnel marocain foisonnant, dûment représenté par des troupes venues, pour l’occasion, de plusieurs régions du Maroc : chaque soir, les préludes nous sont ainsi offerts par Ahwach Aït Baâmrane, Rokba de Zagora, Ahidouss Tirssaline et l’ensemble Ain Orma. Également présents et tout aussi attendus, les fort respectés et adulés Rways Outaleb Lamzoudi, Naïma, Taouss et Anddam côtoient une belle brochette de jeunes musiciens épris de rythmes amazighes : l’ensemble Fuzz Anaruz de Khémisset, Hicham Massine d’Agadir, Lahoucine Aït Baâmrane ou encore Noumidia, originaire d’Al Hoceima.

Si Timitar honore assidûment notre patrimoine ancestral, il n’en néglige pas pour autant les sonorités contemporaines : le rappeur tangérois Muslim enflamme la place Bijaouane ce vendredi 20 juin, dès 20h30, juste après la prestation du jeune musicien rb’ati Nasr Megri. La veille, le collectif franco-marocain MC Connexion y transportait le public pendant que Saad Lamjarred enflammait, de son côté, une place Al Amal conquise.

Côté musiques du monde, une très large variété de sons vous est prodiguée, comme à l’accoutumée, par des artistes accomplis, venus de toutes parts. D’Afrique, tout d’abord, avec, entre autres talents, la palpitante reine de l’afrobeat guinéenne Sia Tolno ou encore le groupe algérien Babylone, connu pour son suave Zina. L’Amérique est aussi dignement représentée par les Uruguayens et Argentins Bajofondo, lauréats d’un grammy award en 2013, les Colombiens Systema Solar ainsi que les adeptes du Gospel rock, The Campbell Brothers.

Partage, découverte
et ouverture

À ne surtout pas rater ce vendredi, place Al Amal : la musique mystique et subversive de l’immense Alpha Blondy, la légende vivante du reggae qui sillonne les scènes du monde depuis trente ans. Rappelons que l’Ivoirien a, grâce à une quinzaine d’albums dont le célébrissime Masada, donné au reggae un nouveau souffle et une grande visibilité, bien au-delà des frontières ivoiriennes. Autre incontournable de la soirée, le groupe de Funk Soul Imagination, redoutable machine à tubes des années 1980, auteur des inoxydables Just an illusion, Music and lights ou encore Body talk, fera danser les plus nostalgiques d’entre vous. Samedi 21 juin, les férus de musique arabe se déplaceront en masse pour savourer les mélopées lyriques de la star égyptienne Hany Chaker. Les inconditionnels de la grande Najat Aâtabou pourront, eux aussi, célébrer leur diva à la belle voix éruptive.

«Ici, les plus grands noms de la musique fusionnent avec nos artistes nationaux en un parfait échange et dans une totale harmonie, affirme le directeur du festival, Khalid Bazid. Plus qu’un simple festival, Timitar est l’occasion de faire se rencontrer des mondes totalement opposés et de faire jaillir de ce mariage improbable de nouvelles possibilités». Brahim El Mazned, le directeur artistique de l’événement, est tout aussi enthousiaste : «Le rayonnement local et international de Timitar vient encore d’être confirmé par sa récente sélection parmi les 25 meilleurs festivals internationaux pour 2014, selon le prestigieux magazine anglais Songlines».