Tanjazz invoque les légendes

Et de 15 pour Tanjazz! Quelque 200 artistes poseront les malles à  Tanger pour faire découvrir aux aficionados les meilleures reprises des légendes d’hier. De futures étoiles du jazz sont également attendues du 10 au 14 septembre.

Ce qu’on aime au Tanjazz, c’est la diversité. Ces passages d’une salle à l’autre du Palais des institutions italiennes qui nous propulse dans des univers parallèles et cette impitoyable tergiversation qui nous tiraille entre les scènes. Cette année, la quinzième édition du festival récidive avec des artistes venus de partout. Le jazz ayant réussi l’invasion de tous les temps, ses disciples viendront d’Amérique bien entendu, mais également d’Angleterre, de Pologne, de France, d’Espagne, de République tchèque, de Cuba et d’Italie. C’est dire qu’en plus des shots de jazz pur, seront servis des cocktails au flamenco, au pop rock, au mambo, au hip-hop, au swing italien et à l’électro.

La fougue nommée Buika

Ceci est un billet subjectif. Lorsqu’on a découvert à ses jeunes débuts la magnifique crinière de celle dont la voix paralyse d’émoi, l’on ne peut que s’impatienter de l’approcher lors de son spectacle au Tanjazz. Buika a forcé les serrures en 2006 et est entrée dans tous les foyers avec son titre mythique Mi niña Lola. Le jazz flamenco savamment distillé dans ce morceau ne réussit qu’à vous engourdir, avant que la Buika ne vous assène sa voix meurtrière. Si la mélancolie pouvait se réincarner, si la blessure humaine pouvait avoir une voix, ce serait sans doute celle de Buika. Et nul besoin de connaître l’histoire de cette chanteuse espagnole d’origine guinéenne ou de lui chercher un passif tragique pour lui broder une magnifique légende. Buika se suffit d’elle-même et réitère à chacun de ses albums l’expression de la beauté de la nature… ou de Dieu pour les plus croyants. À titre de mise en bouche, visualisez «Falsa moneda», «No habra nadie en el mundo», «Pasion integra», «Por el Amor de Amar», la magnifique chanson du film d’Almodovar La piel que habito. Retenez surtout qu’elle sera au Palais des institutions italiennes le samedi 13 septembre.

Un voyage dans le temps

Tanjazz s’est tourné cette année vers les légendes qui ont marqué le jazz : Louis Armstrong, Count Basie, Duke Ellington, Cab Calloway, Louis Jordan, Georges Gershwin, Nina Simon et les Beatles. Que de noms qui ont créé, inventé, enchanté et inspiré des générations de chanteurs et de musiciens dans le monde. Le festival tangérois se promet de rendre un vibrant hommage à chacun de ces monstres sacrés, grâce aux reprises modernes de brillants musiciens. Il ne s’agit pas d’interpréter de vieux morceaux avec un brin de nostalgie et des fioritures dans la mélodie, mais d’acculer nos contemporains à invoquer les esprits du jazz et à s’incliner sous le joug de leur magnificence. Une tâche à laquelle se livrera la future légende de jazz Lilian Boutté, One O’Clock Jump Sextet, Sylvia Howard, The Black Label Swingtet, David Costa Coelho, Drew Davies Rythm Combo, Olinka Mistroshina et l’AB Road Quintet. Du 10 au 14. N’oubliez pas.