Tanger au rythme des musiques méditerranéennes

Du 28 juin au 7 juillet, les nuits de Tanger seront rythmées.Flamenco, salsa, et troubadours d’Espagne et d’Amérique Latine, rythmes africains «taqtouka jabalia» et gnaouas de Tanger.

Du28 juin au 7 juillet, les nuits estivales de la ville du détroit seront bien chaudes en rythmes musicaux. Pendant dix jours, la 8e édition du Festival international des nuits de la Méditerranée de Tanger sera fêtée dans le respect de ses traditions d’ouverture sur le monde.

Il y aura flamenco, salsa, et troubadours d’Espagne et d’Amérique Latine certes, mais aussi musique de Côte d’Ivoire, «taqtouka jabalia» et gnaouas de Tanger et «aïta marrakchiya» rythmeront les nuits tangéroises. Le groupe Dar Dmana, lequel s’inspire fortement de la spiritualité des Aïssaouas, ouvrira le bal. Composé de sept musiciens, ce groupe a à son actif, depuis une dizaine d’années, plusieurs concerts et rencontres musicales au Maroc et aux Etats-Unis.

Mais le véritable démarrage de Dar Dmana a eu lieu en 2003 avec l’enregistrement de Wach baghi tehrag, à Tanger. Le temps fort de cette édition ? Larbi Rmiki, président de l’Association Tanger Région Action Culturelle (ATRAC), à l’origine de cette manifestation musicale (mais aussi du Salon international du livre de Tanger), se refuse à toute discrimination. «Tous les concerts et spectacles, dit-il, qu’ils soient spirituels, exotiques ou tout simplement festifs, au-delà de leur différence, se valent et contribueront à enrichir ces nuits de la Méditerranée».

Tout au plus, peut-on parler de quelques révélations qui se frayent lentement mais sûrement le chemin de l’excellence et de la célébrité, comme la jeune chanteuse du samaâ et du madih, Ihsan Rmiki. Après des études de musique au conservatoire de Ksar el Kebir, et à celui de Marrakech, Ihsan parfait sa formation auprès de maîtres marocains et étrangers. Ses chants de prédilection seront les mouachahates d’al Andalus, et le samaâ et le madih, historiquement liés aux milieux soufis, et traitant des thèmes de l’amour et de l’ivresse spirituelle.

Une autre révélation qui ne manquera pas de séduire le public tangérois : la collaboration de trois musiciens de trois nationalités différentes pour donner lieu à une même percussion africaine. Il s’agit de 3 «MA», ceux de Madagascar, du Mali et du Maroc, dont sont issus les trois musiciens : Rajery à la valiha (cithare tubulaire en bambou), Ballake Sissoko à la kora (harpe-luth mandingue) et Driss El Maloumi au oud (luth arabe). Une rencontre musicale originale, qui a déjà marqué de sa présence, en 2006, un autre festival de renom, le Timitar d’Agadir.

Les nuits latinos du festival de Tanger seront célébrées par Orlando Poleo du Venezuela. Voilà une autre musique originale qui fluctue entre jazz, son cubain et rythmes afro-vénézuéliens. De réparateur de machine à écrire, Orlando Poleo se tourne vers l’apprentissage de la musique, pour devenir, au début des années 1980, professeur à Caracas au CONAC (Conseil national de la culture). A partir de 1991, le virtuose vénézuélien est à Paris où il vit et poursuit sa carrière musicale.