Tal : «Je ne juge pas une personne sur sa couleur ou ses croyances»

Chanteuse française aux origines israélienne, marocaine et algérienne, Tal est bien placée pour prôner la paix et la diversité au Concert pour la Tolérance.

Quel est votre sentiment d’être au Maroc pour le Concert pour la Tolérance ?

Ce n’est pas la première fois que je chante au Maroc. J’étais venue à Casablanca, mais juste pour 24 heures. Me revoilà à Agadir pour le Concert pour la Tolérance et j’en suis très contente. C’est une valeur qui me parle. J’ai toujours prôné l’amour, la paix et la tolérance à travers ma musique justement et je suis contente d’être parmi tous ces artistes de différentes religions, de différentes origines, pour chanter l’amour et la tolérance devant le public d’Agadir.

Est-ce, aujourd’hui, nécessaire de se proclamer d’une religion ou d’une ethnie lorsqu’on est artiste ?

Je ne sais pas si c’est nécessaire, car ce n’est ni la religion ni l’ethnie qui définissent l’artiste. Pour moi, on est d’abord humains et égaux, avant d’embrasser une religion. Personnellement, j’ai des amis de religions musulmane, juive, chrétienne ou athées. Je ne juge pas une personne sur sa couleur ou ses croyances et c’est important pour moi de faire passer ces valeurs-là à travers la musique. Surtout qu’on est dans une société qui a besoin d’entendre ça.

Quid de l’actualité en France qui dénote d’une faillite du discours de fraternité et de diversité ?

Cela me fait mal au cœur d’être consciente de cela. Mais je pense qu’on a la chance de faire partie d’une génération où l’on est au courant de tout et l’on veut faire bouger les choses. Je crois que la nouvelle génération va y arriver. En tant qu’artistes, nous essayons à travers notre art de donner le déclic à ces jeunes-là.

Vous chantez beaucoup en anglais. Est-ce aspirer à l’international ?

Je suis née en France, mais j’ai toujours chanté en anglais. J’ai une culture musicale anglo-saxonne. Et c’est vrai qu’en grandissant, je me suis rendu compte que les Français écoutaient d’abord le texte, avant la mélodie. Contrairement à moi qui écoute d’abord les instruments, la voix, etc. Et c’est vrai que les Français sont très fiers de leur langue qui est riche, qui a une histoire. Mais j’essaie de casser ces chaînes-là. D’ailleurs, dans l’album qui sort dans six jours, il y aura davantage d’anglais et des sonorités plus ethniques qui me ressemblent plus : africains, indiens, orientales.

Une ode à la diversité donc?

Oui. D’ailleurs je finis l’album sur une chanson qui s’intitule «Cri du cœur», dans laquelle j’exprime mon amour pour le voyage, pour la découverte des différentes cultures. J’aime ça et ça me nourrit. Depuis toute petite, je me suis toujours sentie citoyenne du monde. J’ai toujours eu des amis de toutes les origines et les religions. Je suis comme ça et je ne joue aucun rôle. Et aujourd’hui, je suis là pour défendre quelque chose qui me tient vraiment à cœur.