SummerLab : c’est encore l’été à  Hay Mohammadi

Du 8 au 12 octobre à  Casablanca, la joyeuse équipe d’Open Taqafa a dissipé la grisaille automnale grà¢ce à  son troisième SummerLab, pêchu et engagé à  souhait.

De belles trognes chevelues s’affairent en cuisine, épluchent une montagne de carottes en chantonnant, en grimaçant, en réfléchissant à haute voix. Cette année, à la Fabrique culturelle des anciens abattoirs de Hay Mohammadi, le déjeuner est «fait maison» par l’équipe organisatrice du SummerLab, dans la joie et la bonne humeur, comme tout le reste, d’ailleurs. Ici, on fait tout soi-même et en groupe: lavage du sol à grande eau, vérification du matériel, installation de toilettes sèches, déluge de posts sur les réseaux sociaux en guise de promo… Et, bien sûr, ateliers à gogo. Ou «nœuds de travail thématique», comme on les appelle un peu pompeusement. Sur le terrain, c’est beaucoup plus amusant: partout, des petits groupes s’absorbent dans toutes sortes d’activités, ludiques, instructives, souvent très originales. Ici, une jeune fille fabrique des appareils photo analogiques avec des briques de jus de fruits… Là, on se sert de pneus, de palettes en bois, de plastique pour construire table, chaises et tribunes, on fait de la sérigraphie rigolote sur les tee-shirts, on débat à bâtons rompus sur le végétalisme ou encore la permaculture, l’art de cultiver la terre dans le respect de la vie, sans intrants chimiques…

«On travaille un peu et on s’amuse beaucoup !», résument les organisateurs, qui en sont à leur troisième édition du SummerLab Casablanca. Un événement ouvert à tous. On peut bien évidemment se contenter de déambuler à travers les ateliers mais on peut aussi participer à cette effervescence ! En effet, quiconque ayant une idée à développer, un thème à débattre, un objet à façonner, une technique à expérimenter, une performance à faire découvrir, peut soumettre son initiative. Objectif, «casser les barrières entre disciplines et approches, entre créateurs et publics dans un cadre favorisant le coworking et les échanges ouverts».

L’autre but est de se réapproprier la ville. «Casablanca, capitale économique du Maroc, est la plus grande concentration démographique du pays. Nous considérons que le développement de celle-ci se fait au détriment de sa population, d’où la réflexion impulsée autour de la ville “inclusive”». Pris d’assaut par une population de jeunes, surtout, ce laboratoire de la création, de la débrouille et du partage a, par sa fraîcheur et l’énergie folle qu’il a déployée, séduit énormément de Casaouis, sensibles à son message militant et citoye. «Pourquoi le SummerLab ? Parce que les outils et les savoirs sont à la portée de tout le monde, et ce, de plus en plus. Parce que nous ne jetons pas, mais recyclons. Parce que nous sommes nombreux et organisés. Parce que nous sommes passionnés par ce que nous faisons. Parce que nous apprenons unis. Parce que nos bénéfices sont toujours partagés et inespérés. Parce qu’on s’amuse bien en tentant de changer le monde».