Stupide, l’antidépresseur canin

Un vrai baume au cÅ“ur, ce livre, surtout si, comme nous, vous sortez d’une lecture oppressante et exigeante comme La tà¢che de Philip Roth… Vous pouvez tout à  fait finir Mon chien stupide en trois heures et passer par tous les états d’à¢me possibles et imaginables : vous rirez souvent aux larmes, grincerez parfois des dents. Vers la fin, de violentes émotions vous submergeront. Lisez ce livre, vous ne serez pas déçus.

Extrait :

«Quel crétin ! Tout dialogue était impossible avec lui, il ne manquait pas une occasion de me caresser à rebrousse-poil. J’aurais pu lui faire remarquer que j’avais travaillé d’arrache-pied sur mes misérables scénarios pour lui offrir une jeunesse décente, que la facture du chirurgien-dentiste pour sa dentition impeccable s’était élevée à trois mille dollars, sans parler des milliers de dollars qu’il m’avait coûté en voitures, motos, planches de surf bousillées, et en primes d’assurance (…) La vie était si injuste. À mesure que vos fils grandissent, vous rapetissez, et puis vous ne pouvez même plus leur flanquer une bonne raclée».

En quelques mots :

Confortablement installé au bord du Pacifique avec femme et enfants, Henry Molise n’est pas au mieux de sa forme : écrivain à la carrière tumultueuse, il court le cachet et écrit des scénarios qu’il méprise pour des séries tv ringardes, puis s’en va toucher son chèque d’allocations chômage. Entre son couple qui bat de l’aile et sa progéniture ingrate, notre héros ne rêve que d’une chose : plaquer sa misérable vie de bourgeois sans le sou et replonger dans ses racines italiennes : flâner dans les rues chaleureuses de Rome et s’oublier sur les terrasses des cafés de la Piazza Navona… C’est alors que l’arrivée d’un chien hors normes va bouleverser le quotidien de cette famille au bord de la dérive.
Stupide, envahissant, aux mœurs sexuelles étranges, ce chien balourd et attachant sera vite adopté par Bandini, au grand dam de son entourage. Il se fera le catalyseur de toutes les émotions refoulées de la maisonnée et assistera avec humour à l’explosion de la cellule familiale.

L’auteur :

John Fante, né en 1909 à Denver et mort en 1983 à Los Angeles, est un romancier, essayiste et scénariste américain. Fils d’un immigré italien, il montre très tôt des prédispositions à l’écriture, mais son style est souvent jugé trop audacieux, voire choquant. Son roman Bandini (1985) le fera connaître du public, et la suite Demande à la Poussière (1986) sera qualifiée de chef- d’œuvre. Ses romans sont largement autobiographiques et son personnage principal, Bandini, est à son image, écrivain, joueur, menteur, féru d’art et de philosophie.

Ce qu’en pense «La Vie éco» :

Un vrai baume au cœur, ce livre, surtout si, comme nous, vous sortez d’une lecture oppressante et exigeante comme La tâche de Philip Roth… Vous pouvez tout à fait finir Mon chien stupide en trois heures et passer par tous les états d’âme possibles et imaginables : vous rirez souvent aux larmes, grincerez parfois des dents. Vers la fin, de violentes émotions vous submergeront. Lisez ce livre, vous ne serez pas déçus.  

«Mon chien stupide», John Fante, Edition 10/18, 185 pages, 80 DH