S’toon Zoo face au challenge de l’impro’

La troupe casaouie formée en 2005 dispute pour la première fois la Coupe du monde de l’improvisation professionnelle, du 17 au 24 mars prochain, face à  cinq autres équipes francophones. Une belle avancée pour cette compagnie de théà¢tre qui ambitionne de sensibiliser les jeunes, comédiens ou profanes, à  cette discipline singulière et, à  terme, de répandre cette pratique artistique dans différentes villes du pays.

Pour un timide qui doit ruminer ses mots sept fois dans sa glotte tremblante avant de proférer la moindre phrase, c’est toujours impressionnant de voir ces athlètes du verbe se pavaner sur scène comme dans leur salon, se lancer, toutes grimaces dehors, dans un concours de vannes féroces, totalement improvisées. Nous avons vécu ce choc terrible et prodigieux pour la première fois il y a trois ans de cela, au B-Rock de Casablanca. La compagnie S’toon Zoo y héritait à l’époque des lundis soirs cafardeux, qu’elle se chargeait de transformer en liesse collective. Mieux que le yoga du rire, sachez-le !  

Le procédé est simple : en attendant sa consommation, le spectateur est invité à griffonner un mot ou une phrase – docte ou complètement abracadabrante, c’est vous qui voyez -, sur un morceau de papier qu’il plonge ensuite dans un seau à champagne. Le spectacle peut enfin commencer : Youssef Elmortaji, médiateur culturel et coach de la troupe, pioche au hasard dans les petits papiers laissés par les clients et annonce le thème du mini-sketch qui va suivre. Les séquences s’enchaînent alors pendant près d’une heure et demie, durant laquelle les comédiens auront tout juste vingt secondes pour se préparer entre les mini-sketchs. «Si vous ne savez pas ce que vous allez voir, eux ne savent pas ce qu’ils vont jouer», est la devise de ces sérial improvisateurs qui, depuis leurs spectacles «À la carte» au B-rock, en ont fait du chemin.

Depuis septembre 2014, les comédiens de S’toon Zoo préparent avec acharnement la coupe du monde de l’improvisation professionnelle, compétition née au Canada il y a trente ans et qui, cette année, se tiendra du 17 au 24 mars prochain en France et en Belgique. Sous la direction du formateur français Richard Perret, l’équipe marocaine enchaîne masters class, formations continues et tournées de préparation. Du 19 au 21 février, les comédiens casaouis iront se frotter une dernière fois aux publics de Bordeaux, Niort et Grenoble, avant de disputer leur tout premier tournoi international, face à cinq autres équipes (France, Canada, Suisse, Belgique et enfin Luxembourg, dont c’est aussi la première participation). «Notre équipe improvise depuis toujours aussi bien en darija qu’en français et n’a aucun mal à naviguer de l’une à l’autre. La langue ne devrait donc pas poser problème», assure Youssef Elmortaji.  

Le public, acteur à part entière du spectacle

Représenter le Maroc aux championnats d’impro n’est pas l’unique objectif de S’toon Zoo. Il s’agit avant tout de promouvoir ce genre théâtral auprès du public marocain. En 2015, la troupe «déclare le théâtre d’improvisation accessible à tous». C’est à la Villa des arts de Casablanca que vous pouvez assister chaque semaine aux spectacles de la compagnie. N’oubliez pas de vous inscrire quelques jours auparavant en envoyant un mail à l’adresse suivante : [email protected] Quant aux férus de l’impro, la troupe leur promet des séances de coaching artistique qui s’étaleront sur tout un week-end. «Des stages complets animés par les meilleurs joueurs professionnels du monde». Rien que ça! Pour plus d’informations, appelez le 06 69 22 31 00.