Rentrée littéraire 2013: Faber, génération désenchantée

C’est une génération qui ne rêve ni de démocratie, ni d’aristocratie, qui n’a pas connu la guerre, n’aspire pas à  la révolution, et a eu 20 ans en l’an 2000. C’est une génération de trentenaires élevés au biberon de la culture, considérant les livres, les films et la musique comme un droit inaliénable, et ambitionnant de faire de leur vie une Å“uvre d’art.

Extrait :

«Alors je me suis aperçu, sur un miroir grand comme un écran de home cinéma. Je me suis vu dans leur regard, dans le vôtre. Hirsute. […] Faber, quel est ton rôle, ta fonction ? Mal de tête. Faudrait que je me gratte du miroir pour me faire disparaître, comme la pellicule argentée sur les tickets de loterie».

En quelques mots :

C’est une génération qui ne rêve ni de démocratie, ni d’aristocratie, qui n’a pas connu la guerre, n’aspire pas à la révolution, et a eu 20 ans en l’an 2000. C’est une génération de trentenaires élevés au biberon de la culture, considérant les livres, les films et la musique comme un droit inaliénable, et ambitionnant de faire de leur vie une œuvre d’art. C’est une génération qui, à la sortie de l’adolescence, se heurte à la réalité de la vie, se place dans le rang, se fait appeler «classe moyenne», attend son heure la vague à l’âme, envahit les bureaux en costume cravate et attaché-case pour gagner plus et vivre moins. C’est la génération de Faber, jeune algérien abandonné par ses parents et recueilli par un couple de retraités, qui rêve de grandeur et d’héroïsme, mais également celle de Madeleine, garçon manqué fille de pasteur, et de Basile le souffre douleur de l’école, celui qu’on aime molester en cour de récré. Ces trois-là finiront par se trouver, marquer les vies des uns et des autres par leurs empreintes, se séparer, mais jamais s’oublier. Faber leur a ouvert les yeux sur les possibilités infinies de la vie, ils le retrouveront quelques années plus tard en marge de la société, ange déchu et incarnation humaine de la désillusion…Un roman coup de poing, magistral par son écriture, furieusement contemporain.

L’auteur :

Né en 1981, Tristan Garcia est un philosophe et romancier. Il a notamment publié La meilleure part des hommes (Prix Flore, 2008), Mémoires de la Jungle (2010) et En l’absence de classement final (2012) chez Gallimard, mais aussi Les cordelettes de Browser (2012) aux éditions Denoël.

«Faber le destructeur», Tristan Garcia, Edition Gallimard, 480 pages, 280 DH.