Que lire cet été ? Six ouvrages sélectionnés pour vous

Les devantures des librairies affichent de plus en plus de romans marocains.
On compte une quarantaine de livres édités par an.
Certains affichent plus de prétention qu’ils ne proposent de littérature.

Si l’heure est aux vacances et aux loisirs, elle est aussi à la lecture. L’été, c’est l’occasion d’élargir ses horizons littéraires, de prendre le temps de découvrir. Mais que lire ? Pendant toute l’année certains libraires nous ont invités à partager leurs coups de cœur. La fondation Ona et les Villas des Arts de Casablanca et de Rabat ont été également des lieux de lecture et de partage. Dans ces «îlots» littéraires, nous avons fait d’heureuses ou moins heureuses découvertes. Mais il y a toujours eu rencontre et débats et c’est un grand pas. Cette année, les auteurs marocains sont à l’honneur. Les livres que nous proposons dans cette sélection ont été choisis dans des genres différents, des écritures différentes. Des nouveautés pour la plupart. Mais il est aussi des livres qui naissent plusieurs fois, des rééditions. Dans cette sélection Spécial été, nous vous proposons une promenade dans l’univers déjanté de Mohamed Leftah avec son Récit du monde flottant. Un livre paru aux Editions de La différence. Leftah excelle dans l’écriture de la nouvelle. Un genre littéraire très difficile à satisfaire. L’auteur marocain, décédé en 2008, a un univers très particulier, incomparable que l’on retrouve notamment dans son roman posthume Hawa, paru chez le même éditeur. Une histoire incestueuse qui se déroule à Bousbir, le quartier réservé casablancais des années 50. Un roman dur qui sort le lecteur du confort d’une lecture paisible, un livre qui secoue et c’est aussi cela la littérature. 

De la légèreté aussi dans cette sélection avec l’humour acerbe de Mokhtar Chaoui. Dans A mes amours perdues et dès les premières phrases l’auteur donne le ton ; joyeux, sarcastique. 

Les devantures des librairies affichent de plus en plus de romans marocains. On compte une quarantaine de livres édités par an. Cependant, la fiction demeure difficile à maîtriser. Certains livres affichent plus de prétention qu’ils ne proposent de littérature. Les livres marocains les plus réussis demeurent incontestablement, les essais.  

Mais s’il est un roman à lire absolument, ce sera Le livre imprévu de Abdelatif Laâbi. Une œuvre autobiographique qui évoque non seulement la vie de l’auteur mais qui brasse également un pan de l’histoire du pays.

Les vacances peuvent être aussi une occasion pour plonger au cœur de l’histoire du Maroc. Nous avons  sélectionné trois livres. En tête de liste, Le sujet et le Mamelouk de Mohamed Ennaji. Ce livre permet de sortir des lectures figées, celles qui nous confortent dans nos convictions. Il nous met face aux contradictions de notre société, nous prend par la main (ou par le bout du nez) et nous propose une ballade à l’origine des mots. La lecture de cet ouvrage est déconcertante. Le livre d’Ennaji est, certes, analytique mais pas indigeste. L’auteur nous prouve qu’essai ne rime pas forcément avec austérité.

Si certains livres séduisent par leur originalité, par la qualité de leur analyse ou encore par le plaisir passé en leur compagnie, 1956, Ombres et lumière rassemble toutes ces qualités en un seul livre et nous prouve que l’histoire récente du Maroc est toujours à découvrir.

Enfin, les éditions La Croisée des chemins, dans leur cru 2010, publient, sous le titre Lyautey, lettres marocaines et autres récits,  des documents inédits, des lettres intimes et touchantes que l’on vous conseille vivement de lire.