Patricia Kaas la baraque

Elle sera en représentation les 16 et 17 juin au Mégarama, à  Casablanca.

Avec sa voix ultragrave qui fouaille l’intime, ses bouts rimés qui évoquent à  mots percutants le destin et le souvenir, le temps qui passe et le regret, Patricia Kaas écume, depuis près de dix-huit ans, les ondes et les cathodes. Une carrière couronnée par quinze millions d’albums vendus, plus de 800 concerts ayant attiré quelque 3 millions d’admirateurs à  travers le monde.
Cette native des environs de Forbach se met déjà  en vedette, à  l’âge de sept ans, déployant un talent vocal tout en raucité étonnante, devant sa mère allemande et son père français, mineur de fond. Ceux-ci ne tiennent pas à  contrarier sa vocation et laissent leur fille courir à  loisir foires, kermesses et radio crochets, o๠elle ravit le public par ses imitations brillantes de Claude François, de Dalida et de Sylvie Vartan. A onze ans, elle est l’attraction majeure du Rumpelkammer Club de Sarrebruck. On y décèle une nouvelle Marlene Dietrich. Stimulée par cette assimilation flatteuse, Patricia Kaas décide de se jeter à  l’eau.
Elle convainc François Bernheim de lui composer Jalouse, une bluette écrite par Elizabeth Depardieu et produite par Gérard Depardieu. Tous trois vont ensuite vanter sur chaque plateau-télé les mérites singuliers de la jeune pousse. Le battage influencera Didier Barbelivien qui lui offrira un petit bijou, Mademoiselle chante le blues, en 1987. Son deuxième opus, grâce auquel elle sera sacrée « Révélation de l’année» aux Victoires de la Musique, en 1988. Assorti de quelques perles, Mademoiselle chante le blues se transformera en un album, dont trois millions d’exemplaires seront vendus.
Voilà  Patricia Kaas projetée sur le sentier de la gloire et lancée à  la conquête de la planète : 210 concerts dans 13 pays, en 1990 ; une tournée mémorable en 1993, dans 19 pays, dont l’Ukraine, o๠elle donne un concert gratuit sur le lieu de la catastrophe de Tchernobyl ; 23 pays «visités», en 1997… En tout, sept tournées à  travers le monde, qui font, à  chaque fois, date. C’est ce triomphe planétaire, bâti à  chaux et à  sable, qui vaut à  Patricia Kass d’être la favorite des auteurs et des compositeurs les plus illustres. Tous s’arrachent ses faveurs. A son troisième album, Je te dis vous, rien moins que des pointures comme François Bernheim, Didier Barbelivien, Fabrice Albouker, Marc Lavoine et Jean-Jacques Goldman, contribuent avec ardeur.
Quant à  Sexe fort, le dernier album de Patricia Kaas, il rassemble autour de la chantre du blues une véritable constellation de talents hexagonaux : Francis Cabrel, Renaud, David Manet, Etienne Roda Gil, Stéphan Eicher, Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo, François Bernheim, Patrick Fiori, Louis Bertignac, Jean Kapler… Heureux public marocain qui jouira, les jeudi 16 et vendredi 17 juin, au Megarama, à  Casablanca, de la compagnie de Patricia Kaas et ses rengaines tristes, d’o๠s’exhale une petite musique troublante à  souhait. Ah, comme ce blues-là  est jubilatoire !